A l’Agglo de Thonon, les petites communes vont perdre de leur pouvoir

A 67 aujourd’hui, les élus de l’Agglo ne seront plus que 54 de 2020 à 2026.
A 67 aujourd’hui, les élus de l’Agglo ne seront plus que 54 de 2020 à 2026. - Photo d’archives.

Thonon Agglomération

«   On a déjà du mal à sensibiliser nos conseillers municipaux à la vie de l’Agglo, ça ne va pas s’arranger avec cette décision ! » Mardi 22 octobre, le maire de Veigy-Foncenex, Bernard Coder, a profité des dernières minutes du conseil de Thonon Agglomération pour vider son sac. L’élu n’a pas vraiment digéré l’adoption d’une nouvelle répartition des sièges à l’intercommunalité. Comme plus de la moitié des communes du territoire, son village perdra un représentant à l’Agglomération après les élections municipales de mars 2020 (deux élus au lieu de trois actuellement pour Veigy). Ce n’était pourtant pas faute d’avoir exigé le maintien des effectifs actuels, soit 67 conseillers. 24 des 25 communes de l’Agglo en avaient approuvé le principe.

Thonon pèsera davantage

On l’aura compris, au travers de son propos, Bernard Coder avait clairement en ligne de mire la Ville de Thonon-les-Bains et plus particulièrement son maire, Jean Denais. Les élus de la cité thermale étant les seuls à ne pas s’être prononcés sur le sujet avant la date butoir du 31 août 2019, ils ont, de facto, rendu caduc « l’accord local » entériné la veille de la création de Thonon Agglomération, en 2016. Le nombre de sièges sera réajusté à 54.

Les conséquences sont doubles. C’est la possibilité pour Thonon-les-Bains de peser davantage à l’avenir dans l’Agglo, avec une représentativité proportionnellement plus forte (23 sièges sur 67 aujourd’hui contre 22 sur 54 dès 2020), mais également une réelle claque pour les nombreuses autres communes (Sciez, Douvaine, Bons, Messery, Le Lyaud, Anthy…) qui perdront, a contrario, de leur influence.

« Ce choix n’est pas celui de Thonon, c’est celui du maire de Thonon »

Ce soir du 22 octobre, l’élu d’opposition thononaise, Christophe Arminjon, avait lui aussi Jean Denais dans le viseur : « Ce choix, ce n’est pas celui de Thonon-les-Bains, c’est celui du maire de Thonon-les-Bains. Si en 2016, il avait jugé opportun de nous consulter, cette fois-ci le conseil n’a pas été saisi. »

La réponse de Jean Denais

Dans un certain brouhaha, la maire d’Orcier, Thérèse Baud a demandé à Jean Denais de s’expliquer. Acculé, l’élu a répondu : « Quand il y a eu la création de l’Agglo, on s’est mis d’accord en 2016 sur la première période pour un accord local. Nous à Thonon, on n’a jamais dit qu’on continuerait après 2020. Deuxièmement, au plan national on part sur une réduction de 25 % des parlementaires, donc je ne vois pas pourquoi sur un plan local on aurait des assemblées pléthoriques. Entre nous, qu’on soit 10 ou 15 de moins, ça ne change pas grand-chose. » Pas certain que les communes concernées partagent ce point de vue…

Une chance pour Thonon de décrocher la présidence?

La redistribution qui s’annonce en 2020 pourrait tout changer. En détenant bientôt 41 % des sièges contre 34 % actuellement, la Ville de Thonon-les-Bains n’aura plus besoin que de six voix supplémentaires, au lieu de 11 aujourd’hui, pour devenir majoritaire dans l’assemblée. Cela pourrait constituer un sérieux avantage en vue des élections. Thonon aura ainsi plus de chance de décrocher la présidence de l’Agglo, celle-là même que Jean Denais avait perdu face à Jean Neury en 2017. Mais attention à ne pas tirer trop vite des plans sur la comète... Pour l’emporter, le soutien d’autres communes et, potentiellement, de l’opposition thononaise sera indispensable.