Pays de Gex : Isabelle Joschke s’alignera au départ de la prochaine Transat Jacques Vabre

D’où êtes-vous originaire ?

Je suis née en Allemagne, à Munich, où mes parents ne sont pas restés longtemps. Je suis arrivée dans le Pays de Gex, à l’âge de 11 ans. Ma mère a enseigné l’allemand à Gex puis au lycée de Ferney. Elle réside toujours dans la région. Mon père était informaticien à Genève. J’ai étudié au collège de la cité scolaire internationale de Ferney-Voltaire. Mon père étant de nationalité allemande, j’ai suivi des cours dans une classe bilingue, effectué ma seconde à Ferney, avant de poursuivre mes études en Allemagne, à Fribourg, dans un lycée franco-allemand. Je suis ensuite revenue en France pour suivre des études de lettres à Lyon puis obtenir une maîtrise en lettres classiques, à la Sorbonne.

Comment vous est venue cette passion pour la voile ?

Le premier déclic a eu lieu lors de vacances familiales sur les lacs d’Autriche, où j’ai découvert la voile à bord d’un Optimist. J’avais 5 ans. J’étais en admiration devant les bateaux qui naviguaient devant moi. Une passion qui s’est confirmée, 15 ans plus tard, lors d’un stage aux Glénans, durant lequel j’ai eu un véritable coup de foudre. Durant mon année de licence, j’ai embarqué sur un voilier pour faire une transat jusqu’au Brésil. Après ma licence, j’ai pris une année de césure pour apprendre à manier un bateau et naviguer. C’était vraiment un rêve, qui a mis du temps à se réaliser, et qui m’a donné une grande motivation, à l’âge adulte.

Qu’est-ce qui vous a plu ?

Lors de ce premier stage aux Glénans, à 20 ans, je garde en mémoire la houle de l’océan, le crachin breton, le fait d’être immergé dans les éléments et de m’y sentir bien, vivante, libre. Sur l’eau, je ressens un sentiment de liberté, en connexion permanente avec les éléments. Je coupe complètement avec la vie terrienne.

Quand avez-vous décidé d’en faire votre métier ?

Après ma maîtrise, j’ai décidé de changer de cap et de faire de la voile mon métier. J’ai passé deux brevets, l’un pour devenir éducateur sportif et l’autre skipper. J’ai travaillé comme skipper, dans le monde de la plaisance, pendant deux ans, avant de me lancer dans l’aventure de la Mini Transat et d’acheter mon premier bateau, en 2003, un mini, d’une longueur de 6,50 mètres. Ces minis sont les plus petits bateaux autorisés à faire de la course au large et à traverser l’Atlantique. Après une victoire sur la première étape de la Mini Transat, en 2007, j’ai décidé de me lancer sur le circuit Figaro, plus professionnel, avec un niveau sportif beaucoup plus élevé.

Elle se prépare pour le prochainVendée Globe, à bord de l’Imoca MACSF

Skipper professionnelle depuis 2005, Isabelle a participé à deux éditions de la Mini Transat, avant de prendre le départ de sa première Solitaire du Figaro, en 2008. Une course à laquelle elle participera à sept reprises, jusqu’en 2015. En 2016, elle prend la barre du Class 40 Generali Horizon mixité, un bateau de 12 mètres de long, court avec Alain Gautier la Transat Québec-Saint-Malo, à l’issue de laquelle ils terminent à la seconde place.

En 2017, Alain Gautier, devenu entre-temps le manager d’Isabelle, et leur sponsor Générali, rachètent le bateau qui a terminé 5e du dernier Vendée Globe, l’ancien Safran de Marc Guillemot, devenu par la suite le Groupe Quéguiner de Yann Eliès. L’objectif de la skipper est de participer à la prochaine édition de cette mythique course autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance, qui aura lieu en 2020. Elle évolue désormais sur le circuit des Imoca, des monocoques de 60 pieds (18,30 mètres de long).

Entre-temps, Isabelle signe un nouveau partenariat avec les groupes Monin et MACSF. Son monocoque a été amélioré. Doté de foils (ailes profilées qui permettent au bateau de s’élever au-dessus de l’eau et d’améliorer ses performances), d’un mât-aile, il est remis à l’eau, en août dernier, allégé et optimisé. Après un abandon lors de la dernière Route du Rhum, en novembre 2018, elle s’alignera, avec son co-skipper Morgan Lagravière, au départ de la prochaine Transat Jacques Vabre. Le départ sera donné au Havre, le 27 octobre prochain. Aussi appelée la Route du café, c’est une course transatlantique en double qui se déroule tous les deux ans depuis 1993.