Mobilité douce en vallée Verte : une association interpelle les élus

Marc Issenhuth et Pauline Calliari font partie des six membres de l’association Vivre en vallée Verte.
Marc Issenhuth et Pauline Calliari font partie des six membres de l’association Vivre en vallée Verte.

Sécurité, écologie, praticité... Ce sont les trois mots d’ordre de l’association Vivre en vallée Verte. Depuis trente ans, les membres qui la composent se battent pour améliorer le quotidien des habitants. Face à la densification de la démographie, du trafic routier et de la pollution, ils souhaitent désormais que des infrastructures pour la mobilité douce soient créées. C’est à dire favoriser tous modes de transports qui constituent une alternative à la voiture. Mais les élus locaux ne semblent pas suivre le mouvement. « Ils ne sont absolument pas convaincus. La mobilité douce n’est pas même pas à l’ordre du jour, il n’y a aucun projet en route. Et ils ont toujours des excuses pour ne pas le faire », lancent, décomposés, Marc Issenhuth et Pauline Calliari, deux membres de l’association. Début octobre, ils ont rédigé une lettre ouverte dans laquelle ils dénoncent l’inaction générale.

Un manque de communication et d’action

Pas de parking de covoiturage, pas de voie cyclable, pas de réflexion engagée sur des transports en commun dans la perspective du futur Léman Express aux portes de la vallée, pas de développement d'un schéma cyclable global...

La liste est longue. Trop longue, pour Marc Isenhuth et Pauline Calliari, qui déplorent également une communication quasi inexistante entre la population et les politiques. « Ça fait plus de deux ans qu’on n’arrive pas à obtenir de rendez-vous avec notre conseillère départementale. Les maires concernés ne s’étaient pas déplacés lors d’une réunion. Et ceux avec qui on arrive à échanger nous font comprendre de les laisser travailler. On sent bien qu’on dérange. »

Une occasion manquée ?

Mais un cas en particulier a attiré l’attention des membres de l’association. Route de la Corbière, des travaux d’assainissement sont en cours pour créer un collecteur d’eaux usées. Face à cette information, l’association y a vu une belle opportunité : celle de pouvoir créer une véritable alternative cyclable à la RD20, surchargée et dangereuse. En effet, la route de la Corbière, qui chemine en parallèle à la départementale de la sortie de Boëge jusqu’à Fillinges, offre 4,5 km de circuit. Seule une portion de 50 mètres, totalement scabreuse, serait à aménager pour ouvrir ce trajet aux cyclistes. « On pensait qu’avec les travaux, vu qu’ils doivent tout remettre en état, ils referaient un chemin praticable. Il ne reste plus qu’à compacter et à goudronner cette zone,ce qui représente moins d’1 % du budget pour le collecteur.» Mais le tronçon étant à cheval sur deux communes et deux communautés de communes, « les élus n’ont fait que de se renvoyer la balle et rien n’a bougé depuisC’est une occasion manquée ! »

Trois semaines après son envoi, la lettre ouverte de l’association n’a toujours pas reçu de réponse.

Des chiffres en constante évolution

40 % d’habitants supplémentaires sont prévus d’ici à 2035

- Sur la départementale RD20, on compte 9 000 véhicules/jour, avec des pointes de 13 000 à 15 000. En 2035, de part l’augmentation de la population, la fréquentation de la RD20 devrait avoisiner les 18 000 à 20 000 véhicules/jour.

- Plus d’un foyer sur 2 utilise au moins 2 voitures

3/4 des actifs travaillent hors du territoire

90 % des déplacements domicile-travail se font en voiture individuelle faute de transports publics ou de possibilité de mobilité douce