Lélex : il faudra vivre sans pharmacie…

La pharmacie de Lélex est désormais fermée... Le service reviendra-t-il un jour dans la commune ? Question délicate.
La pharmacie de Lélex est désormais fermée... Le service reviendra-t-il un jour dans la commune ? Question délicate.

Alors que les travaux s’enchaînent depuis quelque temps dans le cœur du village (on en reparlera), Lélex a un problème de taille à résoudre : la fermeture de sa pharmacie, pour cause du décès de sa pharmacienne, Annie Goenvec-Estavoyer, emportée par la maladie fin août à l’âge de 57 ans…

Un grand vide dans le pays

Annie était installée depuis 20 ans et était une figure de la commune : « C’est une perte immense, s’attriste le maire Bernard Genévrier ; Annie connaissait tout le monde et parfaitement son travail. Elle avait une grande empathie avec les gens. Son sourire, quand on entrait dans son officine, faisait déjà du bien ! La savoir tout près et toujours disponible, c’était un appui de confiance considérable, au plan santé et bien plus encore, pour les Lélerands et la population des environs. Elle était parfaitement capable de conseiller et d’aiguiller les gens au bon endroit, de donner de quoi traiter les bobos, de rassurer quand nécessaire… Franchement, sa disparition laisse un vide énorme dans le pays…  »

Il faut dire que la pharmacie de Lélex était la seule entre Gex et Bellegarde. Trente kilomètres d’un côté, trente kilomètres de l’autre, par une route de montagne…

Bellegarde ou Gex en secours

« Aujourd’hui, poursuit le maire, les anciens qui n’ont pas de voiture prennent le bus à 6h du matin pour descendre chercher leurs médicaments à Bellegarde, et remontent à 13h par le même moyen…  » Une solution qui ne pourra durer dans le temps, mais trouver un successeur n’est pas chose facile : « C’est une profession libérale, une affaire privée. Qui voudrait venir s’installer à Lélex comme pharmacien, sachant que ce n’est pas facile tous les jours ?  » Par ailleurs, le local dans lequel est installée la pharmacie relève également du domaine privé.

Autre problème qui se pose : déjà, avec une pharmacie, Lélex a eu tout le mal du monde, malgré des efforts considérables, à faire venir à demeure un médecin, qui n’est pas resté d’ailleurs. Alors aujourd’hui, sans pharmacie, comment faire venir un généraliste ? Et, a fortiori, comment convaincre un pharmacien de s’installer alors qu’il n’y a pas de médecin ? Encore une équation délicate de la désertification médicale.

Toutefois, Bernard Genévrier ne perd pas espoir. « La fermeture de la pharmacie ne préjudicie pas du fonctionnement cet hiver de la station de ski.  » Lélex espère se rapprocher du centre de soins non programmés de Tougin, à Gex, pour décrocher des vacations de personnel médical, des infirmières en prestations de soins avancés… « A défaut d’offrir un service complet, cela répondrait au moins aux inquiétudes des habitants. »

Mais encore faudrait-il que Gex dispose de personnel à détacher. La question est actuellement à l’étude.

GILLES MOINE