Divonne : quel avenir pour le thermalisme ?

La bâtiment actuel n’est pas en capacité d’accueillir davantage de curistes.
La bâtiment actuel n’est pas en capacité d’accueillir davantage de curistes.

Q

uel bilan du thermalisme divonnais faites-vous ?

Les thermes accueillent plus de curistes depuis deux ans. Notamment depuis l’obtention de l’orientation rhumatologie qui a permis une hausse de 30 % de fréquentation en 2018. Mais bien sûr ce sont des chiffres toujours moins importants qu’ils ne l’étaient dans les années 70/80. Mais le thermalisme reste un élément important de l’identité touristique de la ville et je suis très attaché à ce qu’on dise bien Divonne «les Bains».

L’eau est notre ADN, les thermes sont une des briques qui constituent l’identité de notre ville tout comme le lac, l’hippodrome, le Jura…

Les bâtiments actuels des thermes sont pourtant l’objet de critique.

Nous avons bien conscience que l’établissement n’est plus adapté.

Mais nous sommes partis sur un nouveau projet d’établissement thermal lié à la nouvelle piscine près du lac. De fait nous n’allons pas entreprendre de gros travaux sur les bâtiments actuels.

Vous êtes d’ailleurs en discussion avec l’exploitant des thermes, Valvital…

Oui nous sommes actuellement liés par un bail emphytéotique (bail immobilier de très longue durée, Ndlr) depuis le début des années 2000 avec Valvital.

Aujourd’hui, nous sommes dans un processus de négociations pour y mettre fin. Il s’agit de discussions pour essayer que cela se fasse à l’amiable.

Le torchon brûle ?

Non on ne peut pas dire ça. D’ailleurs Valvital fait partie des candidats sur le projet global du nouveau complexe aqualudique.

Certains élus divonnais ont fait part de leur scepticisme concernant le CDTH* lors du conseil municipal de septembre.

Le conseil pour le développement du thermalisme (CDTH*) nous garantit un lieu de discussion sur ces questions. Mais il est vrai que son fonctionnement serait à revoir.

Bernard Riac: «Nous sommes dans une situation un peu compliquée»

Bernard Riac, directeur du groupe Valvital qui exploite les thermes de Divonne tire lui aussi un bilan positif de l’arrivée de la rhumatologie : « Il y a eu une augmentation de fréquentation de 32 % en 2018 et nous sommes sur 10-12 % en 2019. » Toutefois l’avenir du thermalisme et de Valvital est aussi remis en question : « La difficulté c’est que le bâtiment actuel est condamné. Nous avons l’impossibilité de faire des investissements pour recevoir des nouveaux curistes puisqu’il y a un nouveau projet porté par la mairie. Nous le comprenons, mais cela nous met en difficulté. C’est une situation d’entre deux assez inédite. »

Comment sera gérée cette phase de transition tout en sachant que la commune souhaite mettre fin au bail la liant à Valvital ? « C’est la volonté de la commune de mettre fin au bail de 65 ans. Mais c’est notre rôle de faire en sorte que nous soyons indemnisés pour ce préjudice. Dans le même temps nous n’allons pas tenir la boutique pour rien. Le choix du nouveau délégataire sera décisif, car nous avons répondu à l’appel à projet de la mairie. Nous sommes à Divonne depuis 1998 et nous avons de bonnes relations avec la commune, nous souhaitons y rester. L’orientation rhumatologie a été dure à obtenir et on aurait aimé avoir un retour dessus. Même si la capacité d’accueil actuelle est limitée, la qualité des soins est là avec un taux de satisfaction très élevé. C’est vrai qu’aujourd’hui la situation est un peu compliquée… »

Un hypothétique départ de Valvital, s’il était écarté du nouveau projet, signifierait la reprise des thermes par la commune ? Mais à quel prix ? Les discussions futures risquent bien de marquer durablement l’avenir du thermalisme divonnais…