Le tramway Genève-Annemasse fait son grand retour

Près de 60 ans après son ancêtre, le tramway Genève-Annemasse a passé la frontière française au niveau de la douane de Moëllesulaz, le 14 octobre dernier, à Gaillard. Après deux ans et demi de travaux, la ligne 17 est enfin lancée pour son son premier essai sur rails. Pour les deux mois à venir, les habitants pourront voir circuler les rames du tramway, mais ils devront attendre le 15 décembre prochain pour le lancement officiel de la ligne ouverte au public.

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Le parcours

du tramway

Genève-Annemasse

La ligne 17 est un prolongement de la ligne suisse en partance de Lancy-Pont-Rouge qui traverse la frontière à hauteur de Moëllesulaz à Gaillard et va jusqu’au parc de Montessuit d’Annemasse. La ligne est exploitée par les transports publics genevois (TPG). À partir de 2020, la phase deux des travaux, qui s’étendra jusqu’en 2022, permettra à la ligne 17 d’aller jusqu’au lycée des Glières, dans le quartier du Perrier, à Annemasse. Côté français le tracé s’étendra sur 3,3 km et desservira sept stations, soit en moyenne, 480 mètres entre chaque station. À partir du 15 décembre, la fréquence du tramway s’élèvera à 1 passage toutes les huit minutes pour un temps de parcours de 11 minutes 30 de la frontière jusqu’au lycée des Glières (une fois la phase deux terminée).

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Ce que coûte

le tramway

aux collectivités

Le coût global du projet s’élève à 85,6 millions d’euros. La phase une s’élevant à 57 millions d’euros et la phase deux à 28,6 millions d’euros. Ce budget a été réparti entre la confédération helvétique, Annemasse Agglo, le Département, l’État, l’Europe, les communes situées sur le tracé du tram et la Région. « Bien que ce soit les TPG qui exploitent la ligne, c’est nous qui payons le déficit qui s’élève à peu près 30 % » explique Christian Dupessey, président d’Annemasse Agglo et maire d’Annemasse.

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Que reste-t-il à faire

avant le lancement

officiel de la ligne ?

Les deux mois à venir vont servir à faire tous les tests de sécurité nécessaires avant le lancement. Le tramway va d’abord circuler à 4km/heure jusqu’au 1er décembre prochain, et passera ensuite à son rythme normal, soit une vitesse de 17,3 km/h. « Cette phase de test va permettre d’identifier les éléments à améliorer, s’il y en a, mais aussi à habituer la population au passage du tramway dans leur ville. Il reste encore quelques éléments de sécurité à mettre en place ainsi que du mobilier urbain à installer » ajoute le premier édile d’Annemasse, très ému de voir enfin aboutir un projet qu’il porte depuis de nombreuses années.

Une grande fête du tram le 14 décembre

Afin de remercier l’ensemble des riverains, des commerçants et des habitants de l’agglomération pour leur patience, un moment festif grand public est organisé par Annemasse Agglo le 14 décembre 2019, soit la veille de la mise en exploitation officielle de la nouvelle ligne transfrontalière nº17. « Durant cette journée, l’accès au tramway sera gratuit et permettra de faire comprendre aux gens qu’un nouveau moyen de transport est désormais à leur portée », explique Christian Dupessey.

Pourquoi le tram ne passe pas par la gare

Au contact des futurs usagers du tramway, une question fait régulièrement surface : « Mais pourquoi le tramway ne passe pas par la gare d’Annemasse  ? » s’interroge Arlette, gaillardine de souche, comme elle se plaît à le dire. « S’il ne passe pas par la gare c’est parce que le tramway est complémentaire des autres moyens de transport que l’on trouve dans l’agglomération, comme le Léman Express, les bus Tango ou la voie verte. Le plus important avec la ligne 17, c’est qu’elle capte le plus de population possible, c’est un choix qui a été fait avec les Suisses. La volonté de ne pas aller à la gare c’est parce qu’on a une mobilité complémentaire. Le tramway a un rôle de cabotage, d’acheminement des passagers sur une courte distance. Il irrigue la zone la plus dense du territoire et passe par plusieurs stations du Léman Express, les personnes voulant se rendre en gare d’Annemasse auront plusieurs possibilités », détaille Christian Dupessey.

Le tram, créateur d’emplois

Les futurs usagers se demandent pourquoi la ligne de tramway ne passe pas par la gare d’Annemasse.

La création de la ligne 17 a également permis la création de plusieurs emplois « Il faut compter à peu près une trentaine de nouveaux chauffeurs, mais également des créations de poste pour la maintenance, qui est faite par nos services sur les trois communes françaises traversées par la ligne 17, soit Gaillard, Ambilly et Annemasse. D’autres emplois seront certainement créés au fil du temps notamment après la phase deux des travaux » ajoute le président d’Annemasse Agglo.

Les habitants ont hâte de prendre le nouveau tram

Autour de l’événement du 14 octobre, marquant le lancement des essais du tramway sur les rails, les passants sont nombreux à s’arrêter et à prendre des photos. Odile vit à Moëllesulaz depuis plus de 40 ans « Je suis ravie que le tram arrive enfin, je vais toujours à Annemasse en voiture et c’est très compliqué, entre les travaux et le prix du stationnement ».

Didier, Manuela, Noelli et Arlette étaient présents pour le premier trajet du tramway Genève-Annemasse.

De son côté Arlette, 75 ans et gaillardine depuis toujours, se souvient encore de l’ancien tramway « Je prenais déjà le tramway quand j’étais enfant et avais été très déçue que cette ligne soit interrompue. Je me souviens des tickets qui étaient longs comme le bras, c’était une autre époque. C’est une très bonne chose pour Gaillard que ce tramway circule à nouveau. Ça amènera un peu plus de vie dans notre ville-dortoir et les commerces vont enfin pouvoir souffler. Puis les aménagements sont très jolis mais je crains qu’ils ne soient vite dégradés, les gens dépouillent tout par ici ».

« Ça va créer des opportunités »

Charles Obré, pour sa part, vient tout juste de s’installer à Annemasse. « Moi j’arrive au bon moment, je n’ai pas subi les travaux et je vais bientôt pouvoir prendre le tram pour aller à Genève. Ça va créer des opportunités d’emploi pour les frontaliers, qui perdront moins de temps dans leur voiture. C’est un bel exemple de coopération transfrontalière ». Un peu plus loin, deux adolescentes attendent leur bus. « Nous, on habite à Gaillard et on prendra le tram pour aller à Annemasse c’est certain. c’est un beau projet qui est en train de voir le jour », se réjouit Mina.