Grand Genève : quels modes de transports préférez-vous utiliser ?

Un des critères déterminants du choix modal est désormais la qualité du temps de déplacement.
Un des critères déterminants du choix modal est désormais la qualité du temps de déplacement. - ©Pierre Albouy

Pas d’immense découverte à la lecture des résultats de cette étude de l’EPFL, mais des analyses intéressantes qui pourraient aiguiller nos élus sur leurs choix futurs en matière de politique des transports. Ainsi, l’analyse des chercheurs est la suivante : en 25 ans, les mœurs ont changé, le prix et le temps de déplacement ont longtemps constitué des critères déterminants mais aujourd’hui c’est la qualité du temps de déplacement qui compte.

L’image de la voiture se dégrade

Le premier élément qui ressort de l’étude est que l’image de la voiture continue de se dégrader. En 2018, 33 % des sondés lui attribuent des adjectifs négatifs (polluante, chère…) alors qu’ils n’étaient que 12 % en 1994. A l’inverse l’image des transports publics s’améliore, mais elle reste assez mitigée : en 2018, 50 % des sondés citent des adjectifs positifs (39 % en 1994). La relative lenteur des transports publics en général semble être l’élément le plus dissuasif. L’arrivée du Léman Express, le 15 décembre, pourrait bien changer la donne pour une partie de ces sondés ! Le vélo et la marche reçoivent surtout des éloges, bien que le premier reste qualifié de dangereux, surtout par les citadins.

Un manque de solutions alternatives ?

Les chercheurs tirent plusieurs enseignements de cette étude.

L’un d’entre eux est que le temps où l’automobiliste empruntait exclusivement ce moyen de transport est révolu. Toute la population active est devenue multimodale. Une majorité des sondés du Grand Genève présente aujourd’hui des dispositions favorables à l’utilisation d’autres moyens de transport que la voiture. Il en ressort que la majorité des habitants de la couronne française du Grand Genève serait prête à utiliser d’autres modes que la voiture individuelle si une offre alternative concurrentielle était mise en place.

L’étude confirme d’ailleurs ce sentiment puisqu’elle précise « que les résidents français peuvent difficilement se passer de voiture, faute d’autres options. Parallèlement, les conditions de stationnement à Genève et dans les communes de la première couronne favorisent l’utilisation de l’automobile. »

Sur ce point, les chercheurs semblent tendre une perche aux élus puisqu’ils préconisent différentes mesures telles « qu’un renforcement du contrôle du stationnement ou une politique de stationnement plus restrictive sur le domaine privé dans les secteurs bien desservis par les transports publics. »

Conclusion, la mobilité reste un enjeu de première importance au sein du Grand Genève et devrait rester un dossier prioritaire dans les années à venir.

Comment a été réalisée l’enquête ?

– L’enquête de l’EPFL, menée dans le canton de Genève et les secteurs français et vaudois de l’agglomération transfrontalière, a porté sur près de 2 100 personnes avec, pour critère de participation, d’habiter à moins de 500 mètres d’un arrêt de transport public ou 800 mètres d’une gare. Des enquêtes similaires avaient été menées en 1994 et 2011.

– Ce travail offre un découpage très fin des pratiques de mobilité de la population active en fonction des zones de résidence, de l’âge et du niveau de formation entre autres.