Ferney-Voltaire : table ronde des acteurs locaux sur les violences faites aux femmes

En moyenne, en France, une femme meurt sous les coups de son (ex)conjoint tous les trois jours.
En moyenne, en France, une femme meurt sous les coups de son (ex)conjoint tous les trois jours.

Sous le prétexte d’une visite des locaux ferneysiens de « Ni putes ni soumises » (NPNS), le grenelle des violences faites aux femmes a pris la forme d’un moment d’échanges entre les différents acteurs locaux du territoire. Autour de Benoît Huber, sous préfet, on retrouvait des élus locaux, des gendarmes, l’accueil gessien, l’Avema (Aide aux victimes et médiations dans l’Ain) et bien sûr l’association NPNS. En définitive, l’ensemble des personnes qui à un moment ou un autre prennent en charge et soutiennent les femmes victimes de violences conjugales. Pendant plusieurs heures ces acteurs ont fait le point des dispositifs existants, soulignant les avancées comme les failles du système d’accueil. On a ainsi pu relever des spécificités gessiennes comme les problématiques d’hébergement d’urgence, le manque de logements sociaux pour ces femmes qui quittent le domicile conjugal, ou encore des soucis de mobilité lorsqu’elles n’ont plus de voiture. Ce point de situation aura eu l’avantage de mettre en exergue les moyens existants mais aussi manquants afin d’aider au mieux les victimes.

Un accueil de jour labellisé pour les femmes

« Ni putes ni soumises » est la seule association du département labellisée « accueil de jour des femmes victimes de violences conjugales ». En clair, elle offre aux femmes victimes de violences conjugales ou en situation familiale tendue, un lieu d’écoute et de refuge. Blandine Lagondet-Charrue, juriste et présidente de NPNS détaille ce dispositif : « Nous sommes là tous les jours. Et nous assurons un suivi de ces femmes sur la durée. En moyenne durant 1 ou 2 ans. On suit un dossier du début à la fin ! C’est important que les femmes trouvent un refuge dans cet espace qui se veut chaleureux. Elles y sont encadrées psychologiquement et juridiquement. » NPNS assure également des permanences dans 6 villes du territoire : Valserhône, Gex, Ferney, Divonne, Saint-Genis et Thoiry. En 2018, l’association a recensé 222 nouvelles situations et a effectué pas moins de 1 243 entretiens.

Mais pour le président de NPNS, Hervé Gransart, les moyens sont tout de même insuffisants : « Le nombre de dossiers ne baisse pas dans le Pays de Gex. On fonctionne avec 50 000 € de budget mais il en faudrait trois fois plus. Certaines communes gessiennes nous financent mais d’autres non… Pour des raisons humaines nous avons fermé au mois d’août, mais c’est un crève-cœur car les violences ne partent pas en vacances… Il est dommage que l’agglomération ne récupère pas cette compétence. »

Espérons que le message est passé…