Valserhône : un orchestre de mandolines pour faire le show avec Féloche

Tout feu tout flamme avec Féloche. ©Alain Scherer
Tout feu tout flamme avec Féloche. ©Alain Scherer

V

ous étiez venu, à Bellegarde, il y a une dizaine d’années pour la tournée de votre premier spectacle. Un vrai succès, le public s’en souvient encore. Est-ce qu’on va retrouver le même esprit ?

Il y aura encore de la mise en scène. J’ai toujours cette envie de faire le show, sinon ça ne m’intéresse pas. Je sais à peine jouer de la guitare et, maintenant, je fais de la mandoline. C’est devenu mon instrument fétiche. C’est une façon pudique de faire le rockeur.

Cet orchestre de mandolines qui vous accompagne, vous l’avez rencontré comment ?

A Argenteuil, il y a un orchestre de mandolines de 70 musiciens qui jouent du classique. Ça va de 7 à 97 ans ; c’est un truc unique qui dure dans le temps, une véritable famille. Dans le lot, il y a des professionnels. Ce sont les meilleurs mandolinistes classiques de France et c’est avec eux que je joue ! Il y a une contrebasse, une guitare, une mandore et des mandolines. On joue mes morceaux, arrangés par Vincent Beer Demander, pour un orchestre à plectre et c’est Florentino Calvo qui dirige. Ce sont des passionnés. Ils prennent vraiment du plaisir à aborder un autre répertoire.

Vous avez collaboré avec des artistes issus d’univers très différents (Dr. John, Yolande Moreau, Roxanne Shanté…). C’est un choix délibéré ou un hasard dû aux rencontres ?

Je n’arrive pas à avoir l’esprit show-biz. En fait, j’ai envie de voir des gens qui me font rêver. Ça vaut le coup de tenter des expériences, la vie passe si vite ! J’ai envie de passer de bons moments, ou même des moments bizarres avec des personnes qui me tiennent à cœur. Il faut prendre le risque de vivre ce genre de choses. Je veux qu’il y ait des surprises. J’aime bien poser un cadre pour pouvoir l’exploser et se prendre une bonne dose d’adrénaline !

Vous faites beaucoup de reprises : «Chic planète», «Singin’ in the rain», «Bambino»… Une façon de rendre hommage ?

Au départ, on avait commencé à rigoler avec des morceaux où il y a le mot mandoline dedans. C’était un prétexte pour aller au bout de la thématique. Ça donne du sens. Je ne suis pas un grand chanteur mais ce que j’aime, c’est le spectacle. Sur scène, je donne tout. On est là pour vivre autre chose, sortir de notre quotidien. Il va y avoir des choses inattendues… de la joie !

Plus d’infos

–  Féloche And the mandolin’orchestra au théâtre Jeanne-d’Arc, 9 ruelle des arts, à Bellegarde, vendredi 3 février, 20 h 30.

–  Tout public, 1 h 30.

–  Tarifs  : 20 €, 16 €, 10 €, 8 €.

–  Ses distinctions  : lauréat du FAIR (2010) ; Grand Prix Sacem (Prix Francis Lemarque), en 2014 ; nomination aux Victoires de la musique (Révélation scène), en 2015.

– Un orchestre à plectre est un ensemble composé principalement d’instruments de la famille des instruments à cordes pincées, de la famille des mandolines et de guitares, parfois complété par des instruments à vent, de la famille des bois, par des contrebasses et des percussions.

Du rock ukrainien à la production artistique : un artiste complet

Féloche et son orchestre à plectre. ©Alain Scherer
Féloche et son orchestre à plectre. ©Alain Scherer

A part cette tournée, vous avez d’autres projets actuellement ?

En ce moment, je travaille sur un album pour Buridane qui va sortir au printemps. Je réalise les arrangements, les instrus, les enregistrements, je fais la direction artistique, quoi. C’est une coproduction. Le milieu musical a beaucoup changé ces dernières années. Les artistes alternatifs doivent se débrouiller. C’est pour ça que j’ai créé mon label. Je suis moi-même mon propre producteur.

Vous avez abordé la musique sous tous les angles…

Je fais des clips, des musiques de films. J’ai fait beaucoup de musique de dessins animés pour les enfants. Ce n’est peut-être pas très rock’n’roll mais j’adore ça !

Le rock, c’est comme ça que tout a commencé ?

A mes débuts, j’ai joué dans un groupe ukrainien : les VV (Vopli Vidopliassova). Le chanteur est une star nationale. Ils sont en tournée actuellement mais ils habitent toujours là-bas. On prend des nouvelles régulièrement et d’ailleurs, j’ai un projet de spectacle type cabaret ukrainien pour l’an prochain. A 19 ans, je n’ai pas fait mon service militaire mais je suis parti comme punk en Ukraine et en Russie. Depuis que j’ai tourné avec eux, les concerts, je ne peux plus les faire comme avant. On est à l’école russe : c’est un art total, il y a de la danse, du mime. J’ai appris à jouer avec la méthode Stanislavski. On est à fond, on est habités et il y a aussi de l’humour un peu décalé. Sur scène, c’est très théâtral. Aujourd’hui encore, je me sers de ça pour mes spectacles.