Justice : il frappe le ventre de sa femme enceinte puis la traîne le long de l’A43

Justice : il frappe le ventre de sa femme enceinte puis la traîne le long de l’A43

Il est 11h30 ce 1er décembre quand la gendarmerie de Modane est informée qu’un automobiliste roulant à très vive allure vient de forcer la barrière de péage à l’entrée italienne du tunnel du Fréjus. Une équipe se positionne sur l’autoroute pour interpeller ladite voiture et effectue les gestes réglementaires quand elle la voit surgir. En les apercevant, le conducteur accélère et les gendarmes se mettent en chasse, observant impuissants la course folle de l’individu qui franchit des lignes blanches, roule à contre-sens et manque plusieurs fois de percuter de plein fouet des usagers de la route. Ils finissent par le dépasser et aperçoivent un homme « dans un état second au volant, avec une femme en pleurs à ses côtés ».

Il menace les gendarmes avec un cutter

Le pilote finit par s’arrêter, sort du véhicule avec du sang et de l’écume blanche autour de la bouche. Après avoir traîné sa compagne sur trois mètres, il brandit un cutter devant les gendarmes en hurlant, « c’est ma femme, ma reine ». En attendant des renforts, les policiers tentent en vain de parlementer : Lissam s’approche d’eux, recule, tout en se scarifiant les bras. Il finit par remonter dans la voiture en poussant sa femme à l’intérieur qui implore les gendarmes de lui venir en aide. C’est finalement elle qui débloque la situation en s’emparant de la clé et en la jetant à l’extérieur. Le prévenu répète son manège et c’est finalement un renfort qui réussit à le taser puis le maîtriser.

Transportée en urgence à l’hôpital, la passagère subit une césarienne et accouche d’un petit garçon qui se porte très bien aujourd’hui. Sur son corps, des traces de coups, de morsures et sur son ventre, un traumatisme abdominal consécutif à des violences. En garde à vue, Lissam tient des propos totalement incohérents. Un expert psychiatre affirme à son sujet qu’il présente un syndrome de confusion mentale, avec en alternance un discours fluide et cohérent, puis à d’autres moments des propos absurdes. Selon le spécialiste, après sevrage, il est curable et réadaptable.

« Oui Dieu me parle »

La juge Nelly Ranquet, indique qu’il aurait agi ainsi après que sa belle-mère ait refusé qu’il se mette en ménage avec sa fille. Elle l’interroge, « Pourquoi l’avez-vous violentée ? » « Je l’ai juste un peu tirée, je ne voulais pas qu’elle m’abandonne, je ne lui ai pas fait mal, juste à moi-même. » « Mais, les morsures ? Les traces de coup, notamment dans le ventre ? » « Je ne l’ai mordue qu’une fois, sur le manteau, on se connaît depuis longtemps, je ne pense pas qu’elle m’en veuille ? Cette arrestation a détruit ma vie. » « Votre vie ? » « Oui ma vie » « Madame va bien ? » « Oui, elle va bien, elle me l’a écrit, elle m’attend . » « Pourquoi avez-vous menacé les gendarmes ? » « Je ne voulais pas qu’ils s’approchent de madame et moi et qu’elle se retrouve en Italie, moi en France. » « Vous entendez des voix », poursuit la juge. « Oui, Dieu me parle et me donne des informations innocentes, pas pour faire mal aux gens. » Faute d’avocat, Lissam conclut que la prison lui a fait du bien, que grâce à elle, il n’a pas consommé d’alcool et de drogue pendant 45 jours « Mais ce n’est pas un endroit adapté pour moi, plaide-t-il, je n’arrive pas à dormir, je ne m’y sens pas bien ».

Pour le procureur Jean Ailhaud, « la gravité des faits ne permet pas le sursis simple ». Il requiert 6 mois ferme avec maintien en détention.

Le tribunal reconnaît Lissam coupable. Notant une altération du discernement, il lui inflige une peine de 15 mois de prison ferme, avec maintien en détention.