Prix de l’énergie : l’appel à l’aide de Brides-les-Bains

Le maire de Brides-les-Bains, Bruno Pideil, a lancé un appel à l’Etat pour venir en aide aux entreprises.
Le maire de Brides-les-Bains, Bruno Pideil, a lancé un appel à l’Etat pour venir en aide aux entreprises.

«   Sans ces problèmes d’énergie, on absorbait les deux crises précédentes , mais on n’absorbera pas l’augmentation exponentielle du prix de l’énergie, c’est pas possible. » Bruno Pideil, maire de la station thermale de Brides-les-Bains, a vu sa commune traverser trois années de crise. En 2019, la découverte aux thermes d’une bactérie contraint l’établissement à fermer ses portes mi-avril 2019, au début de la saison thermale, et ce jusqu’au 30 mars 2020. Soit deux semaines après le début du premier confinement.

Mais selon Bruno Pideil, le village s’en serait bien sorti sans la hausse des tarifs d’électricité et d’énergie  : « On est dans une situation de relance touristique, à Brides et dans les Trois Vallées, il y a de beaux taux de réservation. Mais derrière, les entreprises se demandent si ça vaut le coût d’ouvrir. » Dans un communiqué diffusé le 10 janvier 2023, le maire a décidé d’appeler l’État à intervenir, dénonçant une augmentation de 300 % des factures d’électricité pour les commerçants. « Les TPE, PME et artisans perdent leur rentabilité. Aucune entreprise privée n’est capable d’augmenter ses tarifs de 200 ou 300 %, sinon elle ferme. Sans intervention rapide, je ne vois pas comment on pourra passer ce cap. »

Des risques de fermetures

Selon le premier magistrat, la richesse de Brides provient à 90 % du tourisme. La fermeture des thermes en 2019 a entraîné la perte de 600 à 700 emplois (y compris saisonniers), dans un village qui compte 500 habitants permanents. « Si aujourd’hui on ne passe pas ce cap, ça pourrait se reproduire. Des entreprises risquent d’être en liquidation, en sauvegarde, même de fermer. Alors que le village est hyper dynamique ! »

Pour Bruno Pideil, c’est l’État qui a la solution : « Quand un système est illogique, il faut revenir à un système logique. Passer d’un chiffre élevé à quelque chose de multiplié par 300 ou 500 %, c’est illogique. Peut-être qu’il faut subventionner les entreprises et les artisans à court terme. Mais de manière temporaire, il faut réfléchir de manière globale sur les économies d’énergie des bâtiments. » Une réflexion déjà engagée chez de nombreux commerçants et acteurs du tourisme à Brides. « C’est aussi aux entreprises de penser leur consommation, et elles le font déjà. Mais on ne peut pas tout transformer en six mois, peut-être en plusieurs années si l’État intervient. Ou si, on peut tout transformer en 6 mois, mais en fermant tout ! »

Les championnats du Monde de ski le 6 février

Le maire le déclare tout net : « Si une entreprise se met en cessation de paiement, c’est pas les championnats qui vont la sauver. » Le village n’avait pas prévu de retombées économiques directes en se constituant village d’accueil, mais de redorer son image : « Le monde entier va venir à Brides, à travers la presse, les sportifs... On n’a pas envie qu’ils constatent des fermetures. L’objectif était de donner l’image d’un village dynamique après toutes ces crises. On a investi dans une fanzone, des points d’accueil... »

Pourquoi ces hausses en Europe ?

1) L’augmentation du prix du gaz : Beaucoup de la production européenne d’électricité provient de gaz naturel. Or, avec la guerre en Ukraine, la Russie a baissé ses exportations de gaz vers l’Europe.

2) L’état du parc nucléaire français : Une partie du parc nucléaire français est à l’arrêt pour des questions de maintenance. Selon Le Monde, au 1er septembre, seuls 24 des 56 réacteurs nucléaires d’EDF étaient opérationnels. Habituellement exportatrice, la France doit donc se fournir sur le marché européen.