Municipales à Annecy: revivez les temps forts du débat citoyen

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François Astorg (Réveillons Annecy), Claude Duffour (Assemblée Annécienne), Denis Duperthuy (Les Annéciens), Frédérique Lardet (Annecy Respire 2020), Vincent Lecaillon (Alternative pour Annecy), Jean-Luc Rigaut (Pour Annecy, naturellement) et Naci Yildirim (Lutte Ouvrière) ont répondu présent au débat citoyen à Cap Périaz, lundi 17 février, pour défendre leurs programmes pour la cité lacustre devant plus de 600 personnes. Le débat affichait complet. revivez ici les temps forts de la soirée.

22h : fin du débat

Le débat est terminé. Retrouvez les autres thématiques et nos analyses dès mardi 18 février 2020 et dans les pages de l’Essor Savoyard jeudi 20 février 2020.

21h15 : place à la mobilité

Enjeu majeur de cette campagne, la mobilité a fait réagir les candidats.

Premier à s’exprimer, François Astorg (Réveillons Annecy) critique la trop grande part des investissements routiers dans les budgets, selon lui. « On doit complètement inverser la tendance. Nous allons devoir diviser par deux les voyages en voitures. On va arrêter de mettre en place des réseaux de transport en commun qui transitent toujours vers le centre  », égrène-t-il, en se positionnant pour des voies de bus et de vélo en site propre. « Ce tunnel, nous n’en avons pas besoin », termine-t-il à propos du tunnel sous le Semnoz, se disant plutôt partisan d’une ligne de tram sur le bord du lac entre Faverges et Annecy.

En prenant le relais, Naci Yildirim (Lutte ouvrière) accuse : « Les plus gros pollueurs, c’est les capitalistes », déclenchant quelques rires dans le public. « On est pour plus de transports en commun et gratuits pour tout le monde. »

Vincent Lecaillon (Alternative pour Annecy), lui, lance : « Nous ne ferons pas de chasse à l’automobiliste. » Il préfère améliorer la situation en « restructurant l’urbanisme ». Et, à son tour, il enterre le projet Liaisons Ouest du lac d’Annecy (Lola), qualifié de « solution absolument stupide ». Enfin, il invite à ne pas trop s’emballer sur le tram : « C’est 2 ou 3 mandats [pour le réaliser]. »

De son côté, Frédérique Lardet (Annecy Respire 2020) envisage de « revoir complètement le plan de circulation sur Annecy pour laisser plus de place aux voies vélos sécurisées et à un vrai BHNS », tout en épinglant l’ancienneté du réseau de la Sibra. « Nous allons raisonner à l’envers », dit-elle à propos de la desserte des écoles, des salles de sports et des lieux de travail. « Un Annecien il n’a pas le choix d’avoir deux voitures à domicile, notre objectif c’est d’avoir une voiture », promet-elle. Elle non plus ne se bat pas pour Lola : « On aura d’autres solutions pour la rive ouest. »

Jean-Luc Rigaut (Pour Annecy naturellement) rappelle que des mesures ont déjà été mises en place ou le seront prochainement, telles la zone de circulation différenciée (ZCD), accessible avec une vignette Crit’Air, et une zone à faible émission sur l’agglomération (à l’étude avec l’Ademe). « J’entends des candidates qui n’ont pas forcément une longue expérience des transports, mais il y a déjà deux lignes Rythmo qui ont été mises en place et qui vont être confortées pardeux autres lignes Rythmo », tacle-t-il. Le maire sortant souligne que l’étude du tramway est lancée et que ce moyen de transport est envisageable « parce que la commune nouvelle a été faite ». Il compte aussi passer de 5 km de pistes cyclables réalisées par an à 15.

« On commencera par la fermeture de l’aéroport de Meythet et la création d’un grand parc arboré de 80 hectares, qui représentera 10 fois le Pâquier », annonce Denis Duperthuy (Les Annéciens). Il met en garde contre le coût des infrastructures promises : « Une voie de tram, c’est 300 millions d’euros. » Il promet « un réel réseau de pistes cyclables sécurisées, des garages à vélo, l’augmentation de la pietonnisation en centre-ville ».

Enfin, Claude Duffour (Assemblée Annécienne) met sur la table l’idée d’un boulevard communal naturel en enlevant les péages autour d’Annecy, défend la création de parkings relais et d’un transport non payant.

20h45 : le logement au cœur des échanges

Sur la question du logement, Claude Duffour (Assemblée Annécienne) veut « revoir les cahiers des charges, imposer des normes de constructions propres, des minima de logements sociaux ou de logements pour les étudiants ». Il souhaite que des assemblées de quartier soient consultées avant d’accorder des permis de construire, et montre favorable à un encadrement des loyers et de Airbnb.

« Annecy n’est pas en dehors de la République, il faut respecter ces 25 % de logements sociaux », souligne Denis Duperthuy (Les Annéciens), défendant des logements intermédiaires subventionnés et des baux réels solidaires. « L’enveloppe passera de 2 à 4 millions d’euros par an. » Lui aussi demande d’encadrer le modèle Airbnb en passant de « 60 jours [de location, NDLR] par an au lieu de 120 ».

Jean-Luc Rigaut (Pour Annecy, naturellement) se place, lui, « dans la continuité du plan local de l’habitat (PLH) » porté par le Grand Annecy. « C’est important et essentiel de continuer à construire des logements sociaux. » Il indique que des logements vont être mis à disposition des salariés sur la commune déléguée de Meythet et veut, également, « être plus exigeant sur les logements de type Airbnb ».

Frédérique Lardet prévoit aussi « un gros effort sur le logement social, ça va être notre priorité pour rattraper le retard ». « L’objectif c’est de voir comment on peut réinventer un modèle de logement beaucoup plus socialisant, beaucoup plus inclusif. »

Pour Vincent Lecaillon, « Il y a un scandale : les locations de meublés touristiques. On a des problématiques de grande métropole. » Il propose de promouvoir le logement alternatif avec des « micro maisons ». Enfin, il tranche : « On en a un peu assez des expérimentations sur le modernisme architectural et je veux citer les Trésums. »

Quant à Naci Yildirim (Lutte ouvrière), il déplore que « sur le pont de la gare, à côté de SNR, il y a des gens qui vivent dans des camionnettes. C’est inadmissible dans une ville où il y a du pognon. » Il décline ses mesures : « On s’organisera contre les expulsions, on fera la liste des logements vacants. »

Enfin, François Astorg  : « Nous sommes d’accord, il est impossible de se loger à Annecy. (…) Les objectifs locatifs pour les logements sociaux n’ont jamais été atteints. Et pour l’accession aidée nous ne sommes qu’à 25 %. »

19h40 : le débat commence

Lors de leur première prise de parole, les candidats expliquent pourquoi ils feraient un bon maire.

Denis Duperthuy attaque en défendant un « projet ambitieux, global et chiffré ». Le leader de la liste Les Annéciens souligne que la majorité sortante est divisée en plusieurs listes, une pique en direction de ses concurrents. Puis, il promet : « Il n’y aura pas d’alliances, de bidouillages entre les deux tours. »

Claude Duffour, de l’Assemblée Annécienne, enchaîne : « Je ne suis pas un candidat, je suis un porte-parole ». Selon lui, « il n’y a qu’un seul sens au mot démocratie, c’est quand les citoyens décident. » Il défend le « municipalisme », qui est déjà « mis en place dans d’autres communes de France ».

François Astorg (Réveillons Annecy) met à son crédit « l’expérience, l’innovation, et un réel passé écologiste ». Il lance : « Annecy n’est pas coupé du monde, Annecy est dans un monde. » Avant d’assurer être «  le seul candidat qui a été élu par les citoyens. C’est ça qui fait la différence. »

Quant à Naci Yildirim, il explique : « Je suis là pour représenter le camp des travailleurs. Il a des intérêts distincts et opposés à la classe bourgeoise. » « Nous serons les yeux et les oreilles des travailleurs. Nous ferons tout pour empêcher ce qui va à l’encontre des travailleurs dans la municipalité. »

« Notre idée c’est la transmission pour notre ville, de notre cadre de vie, à nos enfants », souligne Vincent Lecaillon (Alternative pour Annecy), qui ajoute : « Je crois en la politique. »

Puis, c’est au tour de Frédérique Lardet (Annecy Respire 2020), offensive : « Je ne serai jamais un gros poisson de la politique, je serai une maire de la proximité. » La députée indique qu’elle abandonnerait son mandat de députée en cas d’élection. « Parce que c’est la loi. » Elle défend ensuite son projet : « Notre objectif c’est de redonner cette proximité dont les habitants ont besoin. » « Vivre dans sa voiture ce n’est pas une solution pour les habitants d’Annecy. »

Jean-Luc Rigaut (Pour Annecy naturellement) clôt cette question : « Je me représente après deux mandats de maire de la commune historique et pas de la commune nouvelle. C’est l’enjeu. » Il porte une « vision humaniste » et rappelle que, dans sa liste, « il y a un équilibre avec le soutien des Républicains, LREM, le Modem, Agir et une majorité de personnes issues de la société civile ». Le maire sortant conclut : « On s’inscrit dans la tradition du parti d’Annecy. On habite tous à Annecy. »

19h00 : les portes de Cap Périaz s’ouvrent

Les spectateurs sont venus en nombre à Cap Périaz (Seynod) pour ce premier débat des élections municipales à Annecy. Plus de 600 sont attendus et commencent à prendre place dans la salle, en face de la scène. Le compte à rebours est lancé.

Élections Annecy (74000)