Mijoux : Julien Arbez immortalise les richesses naturelles jurassiennes

J’avais déjà vu son livre, en exposition, chez moi, à Mijoux. Tout de suite, j’avais été séduit par l’âme qui se dégageait de son bouquin. Bien au-delà de la simple photographie, les clichés présentés dans cet ouvrage laissaient deviner que le photographe ne faisait qu’un avec ses modèles, que non content de fréquenter la nature, il vivait en osmose avec elle.

Ma rencontre ultérieure avec lui n’a fait que confirmer ce que je pressentais, j’ai tout de suite su que nous serions amis. Au premier contact nous sentons que le personnage appartient à une espèce en voie de disparition, ultime témoin d’une époque où les hommes, les bêtes et la nature vivaient en symbiose.

Originaire de Bois-d’Amont, Julien est profondément enraciné dans le Haut-Jura. Il commence la photographie à 14 ans. Après avoir passé 7 ans comme salarié, auprès d’associations, en tant qu’animateur nature, au Canada et en Haute-Savoie, il revient dans le Jura et se lance, en 2016, comme photographe indépendant. A une époque où l’homme occidental semble avoir tout perdu, en se mettant à l’abri des forces telluriques, les livres de Julien Arbez offrent plus qu’une lecture.

La voix de la forêt

C’est une véritable invitation à renouer avec le monde sauvage, à reprendre contact avec tout un complexe de forces naturelles qui nous échappent complètement, soit que nos sens aient perdu leur acuité, soit que notre esprit se soit engagé dans le domaine des valeurs fallacieuses…

L’auteur se fait la voix de la forêt jurassienne, cette fameuse « Joux » dont l’étymologie signifie « forêt de montagne » et qui a donné naissance à tout une déclinaison de lieux locaux (Mijoux, Lajoux, forêt de Joux…).

Il nous exhorte à nous éloigner de la ville, à pied, sac au dos, à la rencontre des trésors qui nous entourent. Je pense à lui quand, dans les rues de la ville, il m’arrive d’étouffer, d’avoir, en l’espace d’une seconde, la conscience aiguë de ma pauvreté sensorielle, entre ces murs uniformément laids de la construction moderne. En particulier, lorsqu’au volant de ma voiture je me sens prisonnier, immobilisé pendant de longues minutes, enserré par d’autres machines inhumaines. Il m’arrive de me dire : « Il faut que ça change, cette vie ne peut pas durer ».

A nous maintenant de répondre à cette invitation, d’apprendre à connaître cette riche vie sauvage pour ensuite l’aimer et la respecter. Face à la décrépitude de nos sociétés modernes, il est temps de renouer avec des valeurs plus primaires et élémentaires, pour retrouver la joie dans la vie sauvage. Julien Arbez nous fait entendre la voix de la forêt, celle qui, si on sait l’écouter, ne nous déçoit jamais.

Retrouvez les photos et les livres de Julien, sur son site internet : www-julienarbez.fr (Crédit photos : Julien Arbez)