Condamné pour s’être soustrait à un contrôle alors qu’il était à moto dans un espace naturel

Le motard en tort évoluait dans le secteur du Bargy.
Le motard en tort évoluait dans le secteur du Bargy. - Photo d’illustration.

Pour un frontalier émargeant à 5000 francs suisses par mois, s’acquitter d’une amende de 135 euros ne semble a priori pas bien méchant. Pas au point, en tout cas, de se soustraire à un contrôle.

En ce pluvieux 16 mai 2021, un Ayzois sillonne des chemins entre Mont-Saxonnex et Marnaz, au pied des falaises du Bargy, sur une moto enduro, en compagnie de deux autres pilotes, rencontrés via Facebook. Le problème ? Les sentiers en question font partie d’un espace naturel, en l’occurrence une zone Natura 2000, destinée notamment à protéger la biodiversité.

« J’ai cru que c’était des randonneurs »

Les motards tombent par hasard sur des agents de l’OFB (Office français de la biodiversité). Si deux des trois pilotes obtempèrent lorsque les policiers de l’environnement procèdent à un contrôle, le frontalier de 25 ans n’en fait pas de même. « J’ai cru que c’était des randonneurs, ose-t-il. La visibilité était réduite avec la pluie et le masque que je portais. » « Personne ne confondrait un agent de l’OFB avec un randonneur », le reprend de volée Marlène Landais, la présidente du tribunal judiciaire de Bonneville, devant lequel le prévenu comparaissait ce jeudi 10 novembre. « Je ne savais pas qu’il existait une police de l’environnement », répond le jeune pilote.

À la barre, il n’a pas l’air d’être au fait de grand-chose, à commencer par la réglementation relative à la circulation de véhicules motorisés sur des chemins. « Vous ne connaissez pas la maxime selon laquelle «Nul n’est censé ignorer la loi »  ? l’interroge la présidente. Vos explications me paraissent un peu simplistes. »

« Si c’est pour me mettre une amende, je ne viens pas »

Elles convainquent d’autant moins qu’arrivé à quelques mètres des agents de l’OFB, l’Ayzois leur lance « Est-ce que vous allez me mettre une amende ? » dans sa version et « Si c’est pour me mettre une amende, je ne viens pas », selon les policiers de l’environnement.

Pas disposé à prendre ses responsabilités, le motard s’échappe. Plus bas, il tombe sur deux autres agents de l’OFB. L’un des deux lui donne des coups de bâton sur le casque lorsque le pilote refuse d’obtempérer. Dans une réaction de surprise, aux yeux de l’OFB. Volontairement, assure le fuyard.

Arrivé chez lui, celui qui travaille dans le bâtiment à Genève reçoit un appel de l’OFB et fait mine de ne pas savoir de quoi il retourne.

« Voilà trois ans que je suis en exercice et c’est le seul cas de ce type que j’ai rencontré », indique un agent de l’organisme, présent ce jour-là. La présidente lui demande si la réglementation est trop complexe. Elle l’est tellement pour l’Ayzois qu’il a depuis arrêté la moto enduro. « Beaucoup ne s’y intéressent pas, balaie le policier de l’environnement. Là, il y avait des panneaux stipulant qu’il est interdit de circuler avec des véhicules motorisés sur les chemins. »

Le motard a écopé d’une amende délictuelle de 600 euros (dont 300 avec sursis) et d’une contravention de 200 euros.

Moralité : obtempérer lui serait revenu moins cher et lui aurait évité qu’une ligne soit inscrite à son casier judiciaire, jusqu’alors vierge.