En Suisse, les seniors sont stigmatisés lorsqu’ils recherchent un emploi

Mathilde Appia est la directrice adjointe de la Fondation Qualife, spécialisée dans l’accompagnement vers l’emploi à Genève.
Mathilde Appia est la directrice adjointe de la Fondation Qualife, spécialisée dans l’accompagnement vers l’emploi à Genève.

Si un salarié de plus de 50 ans n’est pas plus exposé à un licenciement que des frontaliers moins âgés, il a cependant bien plus de difficultés pour retrouver un emploi suisse et ce, pour des raisons qui confinent souvent à la stigmatisation.

« Un plus de 50 ans retrouve plus difficilement un emploi en raison d’éléments non factuels basés sur des stéréotypes, explique Mathilde Appia, directrice adjointe de la Fondation Qualife, spécialisée dans l’accompagnement vers l’emploi à Genève. Par exemple, la Suisse a un système de retraite qui implique que le montant des cotisations augmente avec l’âge. Mais pour un salaire médian genevois (90 000 francs brut par an), le surcoût pour une entreprise employant quelqu’un de 58 ans par rapport à quelqu’un de 45 ans est d’environ 100 francs par mois. Donc oui, il y a un surcoût, mais qu’est-ce que 100 francs pour 13 années supplémentaires d’expérience ? Une longue carrière apporte des compétences, des connaissances et un savoir-être précieux dans une équipe », vante la Genevoise.

« Ce sera toujours mieux qu’une simple retraite en France »

De leur côté, nombre de seniors frontaliers tentent de capitaliser à tout prix sur cette expérience et ne veulent surtout pas entendre parler d’un emploi en Haute-Savoie. « En France, je pourrais retrouver du travail mais jamais je n’y retravaillerai, dit très honnêtement Jean-Louis. J’ai encore 500 jours de droits à Pôle Emploi. Aujourd’hui je suis déçu et frustré de mon parcours car ce n’est pas ce que j’escomptais. Il me manque 12 à 15 mois de travail en Suisse pour partir sereinement. Mais ce sera toujours mieux qu’une simple retraite en France. »