Que pense la CGN des bateaux volants sur le Léman?

Andreas Bergmann, directeur de la CGN.
Andreas Bergmann, directeur de la CGN.

Que vous inspire l’arrivée des e-nemo sur le Léman ?

Toute innovation est bonne. Tant que ça contribue au report modal de la voiture individuelle vers un transport en commun, c’est toujours bon à prendre. C’est un produit inspirant. J’aime bien que l’on casse les codes.

Ces petits bateaux volants seront-ils des concurrents ?

Non. Nous sommes dans deux business différents. Nous transportons 700 personnes par bateau. M. Thébault, c’est du transport sur-mesure.

Notre concurrent à nous, c’est la voiture individuelle. On vous amène en 30 minutes de l’autre côté du lac. On vous fait épargner au moins deux heures dans les bouchons en émettant 30 fois moins de CO2.

Il y a 10 000 personnes qui habitent sur la rive gauche du lac et qui travaillent sur la rive droite. Nous estimons notre part de marché à 25 %. Ce qui signifie que trois-quarts de ces 10 000 personnes prennent la voiture. Il y a donc un potentiel de clients suffisant.

D’autant que la CGN est en passe de mettre à l’eau de nouveaux bateaux.

Oui, nous nous trouvons actuellement dans un programme d’investissement historique : 60 millions pour construire de nouveaux navires et ainsi densifier l’offre. Dans 12 mois, on pourra proposer une cadence d’un bateau toutes les 45 minutes entre Evian et Lausanne contre 1h30 actuellement.

Notre objectif est d’aller chercher les gens qui font encore le tour du lac pour venir dans le canton de Vaud. En rendant plus attractive notre offre, nous espérons les séduire. Toutes les statistiques montrent que dès lors que l’offre de transport public passe en dessous d’une heure de cadence, elle se rend plus attractive. Si vous sortez 5 minutes en retard du boulot, vous devez attendre 1h30. C’est une vraie barrière aujourd’hui pour choisir la CGN.