Viry: l’Ehpad obligé de recruter en intérim

Nathalie Mourier, André Bonaventure et le président du conseil Départemental Christian Monteil lors d’une visite à l’Ehpad Les Ombelles, à Viry, autour de Saint-Julien-en-Genevois.
Nathalie Mourier, André Bonaventure et le président du conseil Départemental Christian Monteil lors d’une visite à l’Ehpad Les Ombelles, à Viry, autour de Saint-Julien-en-Genevois.

« Nous avions recruté une infirmière pour vendredi, samedi et dimanche. Au dernier moment, l’agence d’intérim nous a appelés pour nous dire que l’infirmière avait finalement été recrutée en Suisse, qu’elle ne viendrait pas », explique Nathalie Mourier, directrice de l’Ehpad les Ombelles, au sortir d’un week-end où il a encore fallu faire avec un défaut de personnel. Une situation devenue habituelle depuis quelques mois : « On vit au jour le jour. Nous faisons des plannings avec plusieurs mois d’avance mais on doit les revoir chaque jour. Nous n’avons aucune visibilité », explique la directrice.

Question d’intérim

Face à ces difficultés de recrutement devenues chroniques, l’Ehpad s’est trouvé obligé de choisir entre deux alternatives : « Soit nous réduisions le nombre de lits, ce que nous ne voulions pas ; soit il fallait se débrouiller pour trouver du personnel », explique le maire André Bonaventure qui suit l’affaire de très près. Pour ne pas réduire la capacité d’accueil qui répond à des besoins concrets, l’Ehpad s’est donc tourné vers les agences d’intérim pour trouver du personnel : « Forcément, cela nous a coûté plus cher », note Nathalie Mourier. Conséquences : les frais de fonctionnement ont explosé mettant en danger l’équilibre financier de l’établissement. D’autant plus sûrement qu’avec l’instauration de la tarification à l’acte, l’Ehpad dispose de moins de latitude pour négocier, auprès de l’Agence régionale de santé (ARS), son niveau de financement.

Un palliatif

Au-delà de la question financière, ces difficultés de recrutement ont des conséquences concrètes sur la qualité du service. Pour compenser le manque d’aides-soignants qualifiés, l’établissement a la possibilité d’employer du personnel « faisant fonction d’aide-soignant. » Concrètement, « ce sont des personnels qui n’ont pas été formés au métier, que nous recrutons et que nous formons au sein du service », explique Nathalie Mourier. Des profils qui sont aujourd’hui nombreux dans la fonction d’aide-soignant : « A ce jour, les personnes formées représentent 25 % du personnel à ce poste », reconnaît Nathalie Mourier. Et André Bonaventure d’ajouter : « C’est un palliatif. »

« On gère au jour le jour, voire parfois à la demi-journée »

Avec un personnel soignant intérimaire en position de force, la gestion quotidienne est parfois compliquée : « Pour faire le planning à l’avance, je demande au personnel de me donner les dates de repos qu’ils souhaitent. Se sachant en position de force, les intérimaires attendent le dernier moment pour pouvoir imposer leurs choix. On gère au jour le jour voire parfois à la demi-journée. » Forcément, un tel contexte interroge sur la qualité de soins : « C’est une vraie question d’autant que nous disposons de deux unités Alzheimer. Pour l’instant, cela va, on tient », explique Nathalie Mourier.