Savoie : 120 élus réclament l’interdiction de la chasse à la marmotte

Chaque année, entre 300 et 400 marmottes sont tuées pendant la chasse en Savoie.
Chaque année, entre 300 et 400 marmottes sont tuées pendant la chasse en Savoie. - Illustration (Unsplash)

Après la pétition et les manifestations, l’Association Justice Animaux Savoie (AJAS) interpelle directement le gouvernement. Dans une lettre ouverte signée par 120 élus ce mardi 11 octobre, l’association réclame l’interdiction immédiate de la chasse à la marmotte. Alors qu’elle est interdite depuis plusieurs années dans certains territoires – comme le Cantal, les Pyrénées-Orientales ou la Drôme – la chasse à la marmotte reste autorisée en Savoie et dans une dizaine de départements français.

Adressée à Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique, la lettre a été signée par des élus locaux, des eurodéputés, des parlementaires et des anciens élus. Parmi eux, 21 viennent de Savoie, de Haute-Savoie et de l’Ain. Ils dénoncent une pratique mettant en danger une espèce déjà menacée et en déclin.

Entre 300 et 400 marmottes tuées chaque année en Savoie

Le petit mammifère est particulièrement chassé en Savoie. Chaque année, entre 300 et 400 marmottes sont tuées dans le département. L’an dernier, par exemple, 342 rongeurs ont été prévelés, selon le rapport d’action de la Fédération des chasseurs de Savoie.

Pour les chasseurs, « c’est une valeur patrimoniale », qui est aussi pratique. « À la demande de certains agriculteurs, nous régulons certains coins pour pallier aux dommages occasionnés par les marmottes comme les casses sur matériel agricole ou encore pertes de fourrage », nous expliquait Régis Clappier, le président de la Fédération de chasse de Savoie, l’an dernier.

Mais pour l’AJAS, la chasse à la marmotte est « un loisir purement récréatif qui ne peut en aucun cas tenter de se justifier pour des raisons de régulation ou de lutte contre des dégâts aux cultures ».

Des populations en déclin depuis 30 ans

D’après la lettre, signée par une centaine d’élus, les marmottes sont menacées par « les comportements inappropriés des randonneurs, certaines pratiques agricoles et pastorales, la présence de chiens dans les alpages, l’artificialisation des sols, la destruction de son habitat, le trafic routier ou encore le réchauffement climatique ». Leurs populations seraient « en déclin continu depuis les années 90 ».

Toujours selon l’AJAS, le rongeur « engendre des retombées économiques importantes pour les acteurs du territoire » grâce à son « fort capital sympathie ».

Pour ces raisons, l’association et les élus estiment qu’« il est du devoir des pouvoirs publics de renforcer sa protection ». « Dans ce contexte, l’interdiction de la chasse à la marmotte est une mesure accessible et importante », écrit l’AJAS.

Le 10 septembre déjà, à l’ouverture de la chasse à la marmotte, un collectif de 18 ONG de protection animale appelait, dans une tribune au « Monde », à interdire la chasse de ce rongeur protégé par la Convention de Berne. Une pétition de l’AJAS à ce sujet, lancée en août, a recueilli près de 50 000 signatures.