Cevins: entre les amoureux, la dispute dégénère

Cevins: entre les amoureux, la dispute dégénère

C’est suffisamment rare pour être souligné. Ce jeudi au tribunal, c’est un homme et sa compagne qui comparaissent pour violence aggravée par deux circonstances. Devant la juge Anne Chambellant, ils apparaissent tout penauds et c’est la jeune femme qui raconte. Ils avaient beaucoup bu ce soir-là, cinq à six bières chacun « et alors que nous parlions, il me pinçait les bras, je lui ai plusieurs fois dit qu’il me faisait mal, qu’il fallait qu’il arrête. Sans succès, alors je me suis levée et l’ai giflé ». S’ensuit un violent échange de coups : « Il m’a donné deux gifles et un coup de poing, revendique Amandine » « C’est vrai, avoue Jesse, et je lui ai dit tu vois ce que ça fait de prendre un pain. Dans l’action, il y a peut-être eu plusieurs coups. Elle est partie en vrille, tout le quartier en a profité ». « Vous avez déjà été condamné pour violences conjugales s’inquiète la juge. Vous deviez être sensibilisé à l’importance de ne pas frapper ! Pourquoi avez-vous appelé les gendarmes ? » « C’était pour la calmer, souvent, elle revient à la raison assez vite » « Et vous la calmez en donnant des coups ? » « Si j’en donne, c’est que j’en ai pris » « Ce n’est pas un copain, le tance la juge Chambellant, en plus, elle a une fragilité psychologique que vous soulignez vous-même ».

Les gendarmes les retrouvent en sang. Tous deux en conviennent, il faut en finir de cette relation.

Aurélie Goutagny, la procureure, le confirme : « Lequel des deux a commencé ? Peu importe, ce couple dysfonctionne et ne se sort plus d’une relation toxique qui se termine par des coups. La position de madame m’inquiète : malgré son instabilité psychologique, elle affirme n’avoir besoin de rien. Au début de l’année, elle s’est pourtant mise un coup de couteau dans le ventre ». Elle demande quatre mois avec sursis et une obligation de soins. Elle est plus sévère pour Jesse « en récidive de violences conjugales et qui n’a rien fait pour soigner ses addictions ». Elle requiert un an dont 6 mois ferme avec maintien en détention.

Maître Fouache, l’avocate d’Amandine, l’a reconnu, «  ils sont un poison l’un pour l’autre et affichent une consommation d’alcool problématique ». « Oui, a confirmé Maître Rey, « ils se tirent vers le bas ».

La jeune femme a été condamnée à 3 mois avec sursis probatoire deux ans, obligation de soins, de travail ; son compagnon à 8 mois dont 4 avec sursis probatoire renforcé pendant 24 mois, obligation de travail et de soins. La partie ferme pouvant être aménagée.