Circulation automobile : selon Vinci, plus de 85 % des Français roulent seuls dans leur voiture

Sur les autoroutes, il a été constaté par Vinci que plus de 85% des Français voyageaient seuls dans leur voiture.
Sur les autoroutes, il a été constaté par Vinci que plus de 85% des Français voyageaient seuls dans leur voiture. - Archives Le Messager

Pas tant de covoiturage que ça

Le covoiturage est brandi comme un des moyens efficaces pour diminuer la circulation automobile et par là, la consommation de carburant, d’énergie comme la diminution de pollutions diverses et du réchauffement climatique. Voilà que sa situation est mise à mal par les dernières analyses de circulation autoroutière (un million de véhicules recensé) effectuées à partir des données des caméras par la société gérante Vinci.

Selon elles, plus de 85 % des automobilistes roulent seuls dans leur voiture, le matin sur l’autoroute. Entre 7 h et 10 h, le taux, comme ils le nomment, d’« autosolisme », atteint les 87 % pour redescendre vers 79 % à partir de 10 h. Ces chiffres résultent de l’analyse de la circulation entre mai et juin 2022 sur des autoroutes à proximité de onze grandes agglomérations françaises.

« L’autosolisme a fortement augmenté au printemps dans certaines zones par rapport aux premières analyses de Vinci à l’automne 2021. La part de conducteurs seuls dans leur voiture a atteint 98,6 % sur l’autoroute A11 près de Nantes (+5,4 %) et 81,5 % sur l’A10 au sud de Paris (+9,2 %) », relève Sud-Ouest dans son article sur le sujet.

Si le réseau autoroutier ne représente qu’1 % du réseau routier français, c’est 30 % des distances parcourues et 25 % des émissions de CO2. Les indicateurs qui viennent d’être exprimés sont significatifs quant à l’usage et son évolution du covoiturage. Une telle étude mériterait d’être effectuée sur de plus larges et diverses portions des routes et villes de France.

Des pistes pour comprendre ?

L’épidémie de Covid 19 aurait-elle favorisé la décrue du covoiturage en France ? C’est une hypothèse à laquelle on peut penser. Notamment avec l’incitation au télétravail. Comme aux trop grandes disparités des modes de vie et de travail des gens. Les horaires de travail diffèrent énormément, même entre les gens les plus proches. Mais la plus grande difficulté ne viendrait-elle pas plutôt de l’organisation de la vie courante de chacun et des aléas occasionnés. Celui ou celle qui pose ses enfants à l’école ou les récupère à telle heure, celui ou celle qui fait ses courses, pratique une activité physique, celui ou celle qui s’occupe d’un parent, d’un proche avant ou après aller au travail, celui ou celle que le covoiturage contraint trop dans son indépendance, ses choix, ses changements aux moments où il le veut.

Autres questions : le covoiturage se pratique-t-il plus sur de courtes distances, dans la proximité que sur des parcours plus longs ? La responsabilité de transporter d’autres personnes est-elle source de craintes et de réserve ? Comme le coût des assurances, de la consommation d’essence ? Créer des relations, faire des connaissances, ces arguments sont-ils suffisamment porteurs pour inciter au covoiturage ?...

Il faudrait sans doute, pour éclairer plus et mieux le phénomène du covoiturage et son évolution, des études sociologiques croisées et de longue haleine. Ceci pour tenter de prendre en compte les nombreux paramètres actifs dans cet usage collectif.