Echallon: Odette Duraffourg, une figure du village disparaît

Odette Duraffourg a définitivement raccroché son tablier.
Odette Duraffourg a définitivement raccroché son tablier.

L’Odette, comme on disait, c’était vraiment un personnage. Son bistrot, un lieu incontournable d’Echallon où, à toute heure on pouvait aller « boire un canon » et discuter, tranquillement autour d’une table au bois patiné, elle discrète, mais aux petits soins, navigant entre son comptoir et sa cuisine à l’arrière.

Odette nous a quittés, de façon totalement inattendue, piétinée par des vaches, d’après une information de nos confrères du Progrès, ce vendredi 11 octobre. Quatre ans seulement après une retraite qu’elle avait prise à… 90 ans ! A cette date en effet, octobre 2015, elle décidait de se retirer des fourneaux du Chevreuil, son restaurant pour l’éternité. Se retirer, mais des fourneaux seulement : la porte du bistrot, elle, est restée ouverte, jusqu’à hier matin…

La Tribune Républicaine avait à l’époque consacré à Odette, sous la plume de notre confrère Julien Champclos, un article dans ses colonnes. Extraits.

Jurassienne d’origine

Originaire de Bellecombe dans le Haut-Jura, Odette Duraffourg avait rejoint le Pays de Gex en 1947. Elle et son mari travaillaient la terre au hameau de Allemogne, sur la commune de Thoiry. Neuf ans plus tard, le couple et ses trois enfants migraient à Echallon, sous la Fluaz.

Odette était employée chez Landry, une entreprise oyonnaxienne qui fabriquait des ustensiles ménagers en plastique, tandis que son mari travaillait aux transports Laperrière. En 1957, ils prenaient en gérance libre le restaurant Le Chevreuil, qui était fermé à l’époque. Les derniers tenanciers avaient fait faillite. L’Echallonnaise d’adoption montait des roses en plastique à domicile, « tout en commençant doucement à proposer des casse-croûtes le midi, confiait-elle. Après mon divorce, j’ai cumulé deux crédits pour racheter les murs et faire des travaux  ».

Elle transforma l’ancien hôtel historique des Monnet en un restaurant ouvert tous les jours, de 7 heures à 21 heures. Le Chevreuil se forgea une belle réputation au fil des années, tenu d’une main de maître par Odette. Le petit bout de femme ne comptait pas ses heures, proposant uniquement du fait maison à ses clients, « chez moi, c’est tout du frais, je suis contre les congelés et les conserves. D’ailleurs je n’ai pas d’ouvre-boîtes ! »

La messe au restaurant

La grande salle à manger accueillait autrefois les banquets des chasseurs et les noces. Le curé de la paroisse célébrait quatre messes annuelles au restaurant. Depuis 1970, elle régalait ses convives, sans jamais prendre de congés. « J’ai voulu arrêter en 2010 lorsque ma fille a pris sa retraite. J’ai repris après 15 jours, cela me manquait trop ! »

Par la suite, le téléphone eut beau sonner, l’Odette ne faisait plus à manger ; mais elle avait toujours autant de plaisir à servir au bar.

Un bar dont, désormais, elle n’ouvrira plus porte…

Notre journal présente toutes ses condoléances à la famille.