London Bridge : à quoi vont ressembler les jours suivant le décès d’Elizabeth II ?

Le prince Charles est immédiatement devenu roi du Royaume-Uni, au moment où Elizabeth II est décédée.
Le prince Charles est immédiatement devenu roi du Royaume-Uni, au moment où Elizabeth II est décédée. - Photo d’illustration - Commonwealth Secretariat, Wikimedia Commons

« London Brige is down  ». C’est par ces mots que la Première ministre Liz Truss a été informée, par le secrétaire particulier de la reine, du décès d’Elizabeth II. Dès ce moment, c’est toute une page d’histoire qui doit se tourner. Depuis près de 60 ans, un protocole nommé « London Bridge », élaboré par les autorités britanniques, planifie dans les moindres détails les dix jours suivants la mort de la reine. Révisé régulièrement, environ tous les six mois, ce protocole était resté quasi secret jusqu’à sa révélation par le Guardian, en 2017.

Un deuil national

Après une annonce protocolaire du décès de la reine, passant d’abord par la Première ministre, les membres du gouvernement et les ambassades étrangères, l’ensemble du royaume est entré en deuil, pour une période de 12 jours environ. Les émissions de télévision ont été interrompues, remplacées par des programmes sur la souveraine disparue, les présentateurs étaient vêtus de noir. Les deux chambres du Parlement britannique ont été suspendues et les travailleurs ont été invités à rentrer chez eux plus tôt, pour se recueillir. Ce vendredi midi, les cloches sonneront à Londres et 96 coups de canon devraient être tirés en mémoire de la reine.

Jusqu’aux funérailles d’Elizabeth II, l’Union Jack – le drapeau du Royaume-Uni – sera mis en berne sur tous les bâtiments officiels du pays et dans le reste du monde. Les officiels porteront des brassards noirs sur le bras gauche et des cahiers de condoléances sont ouverts dans tous les lieux publics – mairies, bibliothèques, musées – et sur le site internet de la famille royale. Dans les grandes villes du pays, des écrans géants doivent être installés pour retransmettre les cérémonies prévues dans les prochains jours.

Nouveau roi, nouvelle figure

Au moment même où Elizabeth II a rendu son dernier souffle, son fils aîné, le prince Charles, est devenu roi. Dans les prochains jours, le « Accession Council », ou conseil de l’avènement en français, doit se réunir au palais Saint-James pour proclamer le roi Charles III nouveau souverain. De fait, son fils aîné de 40 ans, le prince William, devient automatiquement l’héritier du trône et prend le titre de « prince de Galles ».

Même s’il détient le titre de roi, il faudra attendre encore quelques mois avant d’assister au couronnement de Charles III. Elizabeth II n’avait été couronnée que seize mois après le décès de son père, le roi George, le 6 février 1952.

Ce vendredi, le roi doit s’entretenir avec la Première ministre Liz Truss, qui aura ainsi rencontré deux souverains en quatre jours, du jamais vu. Elle avait été reçue par Elizabeth II, mardi en Ecosse, qui lui avait demandé de former un nouveau gouvernement. Pendant quatre jours, Charles III devra ensuite assister à diverses commémorations aux quatre coins du pays, à Edimbourg (Ecosse), Belfast (Irlande du Nord) et Cardiff (Pays de Galles).

Ce changement de souverain va également bouleverser de nombreuses traditions britanniques. L’hymne sera par exemple traduit en « God Save the King », la monnaie nationale devra être imprimée avec le visage du nouveau monarque et le nom de traditions royales va également être conjugué au masculin.

Quatre jours de veillée à Westminster

Le cercueil de la défunte souveraine sera d’abord exposé au palais de Holyrood, à Edimbourg en Ecosse, dimanche 11 septembre. Puis la dépouille sera rapatriée, mardi, par le Royal Train pour rejoindre la salle du trône, à Buckingham Palace. Le jour suivant, le cercueil sera acheminé jusqu’au palais de Westminster, via The Mall, l’avenue reliant les deux bâtiments. Des sièges et des barrières devraient alors être déployés le long de ce trajet d’environ deux kilomètres.

La reine reposera ensuite pendant quatre ou cinq jours à Westminster. Le public pourra venir s’y recueillir 23 heures sur 24. Pour l’occasion Westminster Hall sera entièrement nettoyé, le sol recouvert d’un tapis, des dizaines de bougies seront allumées. La couronne, le sceptre et le globe royal seront exposés aux côtés du cercueil.

De grandes funérailles

Selon le protocole établi, les funérailles de la reine doivent avoir lieu 9 jours après son décès, soit le samedi 17 septembre. Seulement, pour le moment aucune date officielle n’a été communiquée. Le jour des obsèques, le cercueil doit être déplacé, de quelques centaines de mètres, jusqu’à l’abbaye de Westminster. Dès 9 heures, Big Ben sonnera le début de cette journée très particulière.

À l’intérieur de l’abbaye, jusqu’à 2 000 personnes pourront prendre place. De nombreux hauts dignitaires venus du monde entier devraient être présents pour l’occasion. À 11 heures, au début de la cérémonie, le pays sera plongé dans le silence pendant deux minutes. Selon The Guardian, à ce moment précis, « les gares cesseront les annonces. Les bus s’arrêteront et les chauffeurs sortiront sur le bord de la route.  » Le quotidien britannique rappelle alors cette scène, 70 ans plus tôt, « en 1952, au même moment, tous les passagers d’un vol Londres – New-York se sont levés de leurs sièges, à 18 000 pieds au-dessus du Canada, et ont baissé la tête ».

À la fin de la messe, le cercueil sera installé sur un affût à canon pour remonter une dernière fois The Mall en direction d’Hyde Park Corner. Le cortège poursuivra ensuite sa route en direction du château de Windsor, à plus de 35 kilomètres de là. C’est ici, dans la crypte de la chapelle Saint-George, que sont enterrés les souverains britanniques. Le cercueil de son époux, le prince Philip décédé l’an dernier, l’y rejoindra.