Evian: un an de prison ferme pour une femme qui a violemment agressé son compagnon

La victime a été frappée à plusieurs reprises à coups de lampe de chevet.
La victime a été frappée à plusieurs reprises à coups de lampe de chevet.

Evian-les-Bains

C’est une agression incompréhensible. Le vendredi 6 septembre, en début de soirée, la police est appelée par un riverain, qui a recueilli son voisin, en sang. Il vient de se faire attaquer violemment par Christine D., celle avec qui il vit. Devant le tribunal, ils se présenteront tantôt comme compagnons, tantôt comme colocataire, mais l’affection entre les deux protagonistes saute aux yeux, même devant un juge. Tout au long de l’audience, la victime et celle qui l’a violemment frappé s’échangeront des regards, des sourires.

Un déchaînement de violence

Mais ce 6 septembre, l’ambiance est bien différente. L’homme qui sort de gros problèmes de santé, rentre et part se coucher directement, épuisé. Alcoolisée, et ayant pris une quinzaine de Lexomil, Christine D. perd le contrôle. « J’avais pris beaucoup plus de médicaments que d’habitude, j’étais très anxieuse et triste que ma famille ne prenne pas de nouvelles de moi », explique-t-elle. Elle commence par le frapper avec une, puis deux, et même trois lampes de chevets. L’homme est en sang, au sol. Face au tribunal, il a pourtant décidé de défendre bec et ongles son bourreau : « Elle n’est pas dangereuse, à ce moment-là ce n’est pas moi qu’elle frappait mais sa famille qui l’avait déçue. »

Un point retient l’attention de la présidente du tribunal Annabelle Le Texier : lors de son déchaînement de violence Christine D. a volontairement sauté à plusieurs reprises sur la cicatrice, encore récente, de la victime, opéré récemment d’un cancer. « Vous avez aussi eu un cancer et une opération madame. Vous imaginez quelqu’un sauter sur votre cicatrice à peine trois mois après ? » Comme tout au long de l’audience, la réponse de la prévenue est quasiment inaudible. La voix est faible, tremblante. Ses rares phrases sont entrecoupées de larmes. On peine à croire que cette femme, assez frêle et discrète puisse avoir été l’auteur d’une telle violence. Et pourtant. Elle ne nie pas, mais à toutes les peines du monde à expliquer son passage à l’acte.

Une victime qui défend coûte que coûte son agresseuse

Ce n’est qu’au bout de longues minutes d’acharnement que la victime est arrivée à fuir, pour prévenir un voisin. « Le tribunal a bien compris votre position, mais vous vous rendez compte qu’elle aurait pu vous tuer ? », questionne la juge. « Non, je l’aurais tué avant. Je n’étais pas aussi faible que ce que vous voulez dire. J’aurais pu la frapper si j’avais voulu, mais je ne l’ai pas fait car c’est moi qui aurais fini dans le box des accusés ». Devant le tribunal, l’homme de 64 ans a tenté tout ce qu’il pouvait pour éviter la prison à celle qui partage sa vie. En vain. Elle a été condamnée à deux ans de prison dont un an ferme, avec notamment une obligation de soins.