L’Amazonie est « irréversiblement détruite » à 26 %, selon un rapport des dirigeants indigènes

Du 1er au 4 septembre, 12 133 foyers d’incendie ont été identifiés en Amazonie. C’est 70 % du chiffre enregistré pour l’ensemble du mois d’août, déjà record.
Du 1er au 4 septembre, 12 133 foyers d’incendie ont été identifiés en Amazonie. C’est 70 % du chiffre enregistré pour l’ensemble du mois d’août, déjà record. - Photo d’illustration

Les dirigeants indigènes s’alarment de l’état de l’Amazonie. Selon eux, 26 % de l’écosystème de la forêt est irréversiblement détruit. En cause : la déforestation et le narcotrafic, notamment.

Réunis à Lima pour le 5e sommet des Peuples indigènes depuis plusieurs jours, les dirigeants amazoniens et les enquêteurs de neuf pays ont présenté un rapport selon lequel le poumon vert de la planète se trouve à un point de non-retour. « Annoncer que l’Amazonie est contaminée et détruite à 26 % est très alarmant », a souligné Gregorio Mirabal, à la tête de la Coordination des organisations autochtones du bassin amazonien (Coica).

« Une alerte rouge »

Pour le Vénézuélien, un tel constat doit être vu comme « une alerte rouge  ». Si plus d’un quart de l’Amazonie est détruit, « contaminée par les marées noires, l’exploitation minière illégale, la déforestation, les monocultures, le bétail  », Gregorio Mirabal insiste sur le fait qu’il reste 74 % de la forêt « qu’il faut sauver pour l’humanité  », rapporte l’agence de presse EFE.

« Si nous ne faisons rien maintenant, nous n’atteindrons pas les objectifs de développement de 2030 ni ceux des grands accords conclus à la COP de Glasgow  », a-t-il déclaré auprès de l’AFP. Selon lui, si la déforestation se poursuit à ce rythme, « la température va augmenter de 2 ºC ».

« Les gouvernements ont dit qu’ils sauveraient l’Amazonie, mais au vu de ces chiffres, force est de constater qu’ils ne tiennent pas leurs promesses », a-t-il déploré.

Une déforestation et des incendies records

Tandis que le mois d’août 2022 a été catastrophique pour la forêt amazonienne, avec 20 % d’incendies en plus que l’année précédente, le mois de septembre débute tout aussi mal. En l’espace de 4 jours, entre le 1er et le 4 septembre, 12 133 foyers d’incendies ont été identifiés par l’Institut national de recherches spatiales (INPE).

Le président brésilien Jair Bolsonaro, qui vise la réélection dans moins d’un mois, est accusé par les écologistes et les peuples indigènes de négliger la protection de l’Amazonie. Selon Gregorio Mirabal, la déforestation a augmenté de 70 % dans le pays au cours de son mandat.

Les défenseurs de l’Amazonie assassinés

Gregorio Mirabal a également mis en lumière un autre problème auquel sont confrontés les peuples indigènes : la menace des organisations criminelles. Selon la Coica, les meurtres des défenseurs de l’environnement représentent un homicide tous les deux jours, perpétrés par des organisations criminelles cherchant à tirer des profits de l’Amazonie.

« L’Amazonie souffre parce que nous sommes envahis par l’exploitation forestière, les compagnies pétrolières et ceux qui attaquent nos territoires. Nous voulons lancer un appel au secours  », a assuré Marciely Tupari, membre de la Coordination des organisations indigènes de l’Amazonie brésilienne.