Margencel : un mécanicien ouvre son propre garage, spécialisé dans la réparation des voitures sans permis

Pour l’instant, Marcellino Da Silva travaille seul mais il songe d’ores et déjà à embaucher un apprenti.
Pour l’instant, Marcellino Da Silva travaille seul mais il songe d’ores et déjà à embaucher un apprenti.

Marcellino Da Silva a ouvert son propre garage en février dernier à Margencel, juste à côté du garage de la Verniaz. Ce mécanicien, salarié durant 20 ans au sein d’une entreprise thononaise, a choisi de se spécialiser dans la réparation mais aussi la vente et la location de voitures sans permis. « Il y a un marché et personne ne veut le faire », justifie le presque quadragénaire. Pour quelle raison ? « C’est petit, fragile… Si vous desserrez un boulon, vous avez le risque que toute la pièce vienne avec ! »

La clientèle de Marcellino Da Silva est âgée de « 14 à 70 ans ». « J’ai beaucoup de retraits de permis mais aussi de plus en plus de jeunes qui viennent. Encore récemment, j’ai vendu une voiture à une jeune fille pour aller au collège. »

Et pourtant, ces voitures, chères à l’achat (entre 9 000 à 18 000 euros), sont aussi coûteuses en entretien, plus fréquent. « La révision, c’est tous les 5 000 km. Et à 10 000, il faut changer la courroie de distribution et tous les filtres. » Or si la voiture est plus petite, le tarif des prestations n’est pas proportionnel : comptez 150 euros la révision. Même les pièces détachées sont assez onéreuses. « Mais certaines personnes dépendent de ça », glisse le mécanicien.

Parmi les seuls (pour ne pas dire le seul) garagistes du Chablais à s’être spécialisé à 100 % dans les voiturettes, Marcellino Da Silva ne manque donc pas de travail : des réparations bien sûr, souvent liées à de petits accrochages, mais aussi beaucoup de demandes de location, de 3 à 6 mois. « Tous les jours, on m’appelle pour ça. »

Aixam, le Savoyard leader de la voiture sans permis bat des records

Aixam a battu son record de voitures sans permis produites en 2021.

A Aix-les-Bains, la construction de voitures sans permis est une histoire ancienne. Depuis 1983, quand Arola, pionnier des véhicules sans permis, est devenu Aixam (pour Aix-les-Bains automobiles), la production, à cheval entre la ville thermale et Chanaz (Isère), n’a cessé d’évoluer. Alors qu’elle était, en 2013, au plus bas, le leader du marché en France et en Europe a su rebondir.

L’année dernière, le constructeur battait son record de véhicules vendus, avec 16 100 voitures sans permis produites, et s’attend à le battre à nouveau en 2022 avec une projection à 18 500. Pour le PDG Philippe Colançon, la crise sanitaire a eu un effet accélérateur sur les ventes. Cette hausse repose aussi sur le rajeunissement des conducteurs. Dans les années 1990, la clientèle était composée de 90 % de retraités mais depuis les années 2000, les acheteurs sont en majorité des actifs.

Le défi de l’électrique

Face à la hausse de la production, Aixam, qui appartient aujourd’hui au groupe américain Polaris, prévoit aussi de s’étendre. L’entreprise, qui produit aujourd’hui la carrosserie en Isère et assemble ses véhicules à Chanaz et à Aix-les-Bains, construit une nouvelle usine à Andancette dans la Drôme. En parallèle, le constructeur veut miser sur les véhicules électriques qui sont encore moins plébiscités. « On est le véhicule à 4 roues qui est le plus adapté à l’électrique. On est convaincu que 100 % de notre futur sera électrique », expliquait Philippe Colançon en juin, dans les colonnes de nos confrères de L’Essor 73.