Annemasse : une longue histoire de consommation récréative du protoxyde d’azote

Le gaz hilarant était déjà utilisé au XIX e  siècle.
Le gaz hilarant était déjà utilisé au XIX e siècle. - Aquatinte colorée de T. Rowlandson

Les propriétés du protoxyde d’azote comme gaz hilarant remontent à des travaux de Humphry Davy, en 1798. Utilisé comme anesthésiant léger, il sera autorisé en France à partir de 2001. C’est en 2009 que l’AFSSAPS (ancien nom de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament – ANSM) autorisera l’utilisation de l’anesthésiant hors du domicile.

En tant que drogue récréative, on en retrouve les premiers usages aux États-Unis et au Royaume-Uni depuis les années 80. En France, le centre antipoison de Marseille a signalé de premiers cas entre 1996 et 1998. C’est le milieu étudiant qui a été précurseur avant que son utilisation s’étende aux festivals et autres activités nocturnes.

L’ANSM a effectué une mise en garde contre l’usage récréatif de ces substances dès 2011. La même année, 5,5 % des jeunes affirmaient avoir déjà expérimenté ce type de produit.

Un effet pervers

Un problème majeur de ce produit est son sentiment d’innocuité. Son effet ne durant cependant que quelques secondes ou minutes, il peut être tentant d’en inhaler plusieurs fois. Drogues Info Service explique que « les effets fugaces du protoxyde d’azote incitent parfois l’usager à des inhalations répétées pouvant conduire à la morte par asphyxie ». Les statistiques sont rares mais le quotidien britannique The Independent avait publié un rapport de l’université de Londres montrant que 17 jeunes britanniques sont morts entre 2006 et 2012 après avoir consommé du protoxyde d’azote, dont 6 par asphyxie.