Le coup de gueule de Michel-Edouard Leclerc contre des hausses de prix suspectes

Ce jeudi 30 juin, au micro de BFMTV, Michel-Edouard Leclerc a fustigé des hausses de prix suspectes.
Ce jeudi 30 juin, au micro de BFMTV, Michel-Edouard Leclerc a fustigé des hausses de prix suspectes. - Capture d’écran Youtube

La hausse des prix agace le patron de la grande distribution

Au micro de BFMTV ce jeudi 30 juin 2022, le président du comité exécutif des magasins Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, a poussé un coup de gueule contre ce qu’il appelle des hausses de prix injustifiées. « La moitié des hausses [de prix] demandées ne sont pas transparentes », les qualifiant même de suspectes. Une humeur directement à l’adresse des industriels de l’agroalimentaire, responsables de son point de vue, de ces variations de prix plutôt obscures.

Quand on lui donne pour justification de ces hausses actuelle, la guerre en Ukraine, le patron des magasins Leclerc a plutôt tendance à estimer la situation à l’aune d’une « partie de poker menteur ». « Donc on peut comprendre qu’il y ait des hausses d’énergie, qu’il y ait des hausses des coûts de transport, mais cela n’a rien à voir avec ce qu’il se passe en Ukraine. L’Ukraine a bon dos. »

« Quand vous avez des fabricants de produits à base de cacao qui vous invoquent l’Ukraine pour une augmentation de 15 % de tarifs sur la confiserie, sur les barres chocolatées – je parle de Nestlé, je parle de Mars – faut quand même pas déconner ! On est sur l’autre continent pour le chocolat et le cacao ! »

Son avis est tout aussi tranché sur la question de la pénurie d’huile de tournesol : « De grandes marques d’huiles de tournesol se sont vantées d’avoir une huile franco-française. Pourtant maintenant, on nous dit On va te livrer mais il faut augmenter de 34 % le prix d’acquisition de cette huile. Et dans ces conditions, on asséchera tes concurrents et on te donnera 130 % de ta demande ».

Un agacement que grand patron retourne contre l’État et l’Assemblée nationale, réclamant : « L’État et les parlementaires doivent demander à tout le monde de venir justifier cette part de hausse ». À l’appui d’une commission d’enquête sur les origines de l’inflation qu’il demande à l’Assemblée nationale de mettre en place. Et d’une obligation de transparence devant la puissance publique. « Cela concerne surtout les grandes entreprises et les marchés internationaux. »

Des questions

Michel-Edouard Leclerc n’est pas un philanthrope, sa prise de position, qui fait sans doute écho à ce que peut penser une bonne partie de la population, vise quel objectif ? Il n’en dit rien à l’antenne évidemment, pourrait-on y entendre une crainte de subir une érosion grandissante de toute une frange de la clientèle de ses magasins s’il est contraint de répercuter les hausses exigées par ses fournisseurs ? Ou encore un risque grandissant de perte de bénéfices, avec des charges toujours plus importantes ? Sera-t-il entendu, soutenu ? Les consommateurs verront-ils dans leur porte-monnaie, les conséquences de cet appel à, si ce n’est limiter, au moins justifier l’envolée actuelle des prix ?