Dans le Chablais, d’où vient l’eau qui coule du robinet?

La station de traitement par ultrafiltration à Excenevex rend l’eau du Léman potable pour de nombreux Chablaisiens.
La station de traitement par ultrafiltration à Excenevex rend l’eau du Léman potable pour de nombreux Chablaisiens.

Il suffit d’un geste simple répété à longueur de journée : tourner le robinet. L’eau effectue pourtant un long parcours avant de couler dans chaque foyer chablaisien. Les 91 000 habitants de Thonon agglomération en consomment 7,4 millions de mètres cubes par an.

Quelles différences entre eaux de sources et eaux minérales ?

D’abord, il en existe trois catégories différentes. L’eau potable est soumise à une réglementation stricte. Après analyses, elle doit correspondre à 63 critères fixés par les autorités publiques. Des traitements peuvent être appliqués sur l’eau puisée à sa source pour satisfaire les différents critères avant de couler au robinet des usagers.

Les eaux de sources proviennent de sources souterraines. Elles répondent naturellement aux mêmes critères de potabilité que l’eau du robinet. Pour être vendues en bouteille, elles ne doivent subir aucun traitement.

Les eaux minérales ne sont pas soumises à la même réglementation. Leurs caractéristiques physico-chimiques ne leur permettraient pas de répondre aux 63 critères précédents car elles contiennent des minéraux en plus grande quantité, selon leur source : du magnésium, du sodium, du potassium, etc.

Quelles sont les sources d’eau utilisées ?

L’eau du robinet peut venir de sources naturelles captées en montagne. Sur le territoire de Thonon agglomération, les sources naturelles des Hermones, des Moises, des Voirons, de l’école à Draillant, des Blaves et du Voua du Lyaud représentent 73 % de la production d’eau potable. L’eau peut aussi être pompée dans les nappes phréatiques. Quatre puits permettent de produire 8 % de l’eau de Thonon agglo. Le Léman est enfin une autre source d’eau potable apportant 15 % de la production de l’agglomération. Les 4 % restant sont achetés à l’agglomération d’Annemasse.

La source des Blaves, sur la commune du Lyaud, permet d’alimenter 95% de Thonon-les-Bains en eau potable.
La source des Blaves, sur la commune du Lyaud, permet d’alimenter 95% de Thonon-les-Bains en eau potable.

Est-elle traitée ?

En fonction de son milieu de prélèvement, l’eau reçoit plus ou moins de traitements. En effet, les eaux issues de sources naturelles contiennent moins, voire pas, de composants indésirables. Elles pourraient quasiment être bues à la source mais, par sécurité, elles reçoivent tout de même un traitement minimum. L’eau du lac en revanche, bien que de bonne qualité, contient forcément des bactéries, du fait de la vie qui existe dans cet environnement aquatique. Après avoir été pompée à 40 mètres de profondeur, elle est filtrée à la station de traitement de Chevilly, sur la commune d’Excenevex.

Certains puits permettent de pomper de l’eau des nappes phréatiques, comme ici à Ripaille.
Certains puits permettent de pomper de l’eau des nappes phréatiques, comme ici à Ripaille.

Le puits de Ripaille permets de compléter l’approvisionnement de la ville de Thonon.
Le puits de Ripaille permets de compléter l’approvisionnement de la ville de Thonon.

Comment est-elle distribuée ?

Selon son lieu d’habitation, l’eau du robinet n’effectue pas le même parcours. Avec la gravité, les eaux de sources captées en altitude sont plus facilement acheminées dans les communes situées en contrebas. Des systèmes de pompes sont en revanche nécessaires pour les communes plus en altitude. De plus, les eaux de sources ne peuvent pas alimenter l’ensemble des communes. L’eau du Léman est alors acheminée par pompage vers les communes les plus proches : Sciez, Excenevex, Douvaine, Yvoire, Nernier, Messery et Chens-sur-Léman. Sur Thonon Agglo, 850 kilomètres de réseaux permettent d’alimenter 91 000 habitants en eau potable. Du fait de son acheminement plus compliqué et son traitement plus lourd, l’eau issue du Léman coûte 40 fois plus cher à produire que l’eau de source.