La Distillerie des Aravis, la renaissance

D’une histoire familiale à une autre

L’histoire de la Distillerie des Aravis commence au XIXe siècle. En 1878, précisément. Année de la fondation de cette institution par un marchand de vin annécien qui élabore la liqueur de génépi en se basant sur le travail d’un moine qui s’intéressait aux plantes médicinales.

Cette fameuse liqueur séduit un commerçant François Thévenet, à tel point qu’il achète la recette et déménage la distillerie à La Clusaz en 1954. C’est le point de départ d’une dynastie puisque, tour à tour, ses descendants Pierre, Catherine et Mathieu perpétueront le savoir-faire de la fabrication de ce spiritueux durant quatre générations.

En 2020 débute une autre histoire familiale, celle de Sarah et Romain Gauthier qui reprennent le fonds de commerce. Cette fratrie ardéchoise ne met pas les pieds dans un monde inconnu. On peut même dire, avec humour, qu’ils sont tombés dans l’alambic depuis tout petit. En effet, leurs grands-parents et parents étaient agriculteurs en Ardèche et, progressivement, se sont tournés vers la distillation. Leurs spécialités ? L’eau-de-vie de poire et la liqueur de fruits.

 

Les secrets du savoir-faire

Finalement, le confinement a été un mal pour un bien pour Sarah et Romain Gauthier. Propriétaire de l’établissement juste avant le premier confinement, la soeur et le frère ont mis à profit cette période pour aménager l’atelier de fabrication, créer un espace d’accueil pour le public. Et surtout réfléchir à leurs produits.

Car la distillation est un art ancestral qui ne s’improvise pas. Romain en sait quelque chose, lui qui l’a appris aux côtés de ses aïeuls. Il s'occupe d’ailleurs de la fabrication selon les différentes étapes.

« Il y a d’abord la cueillette. Le génépi en juillet, les bourgeons de sapin au printemps, la gentiane à l’automne, distingue Sarah avant de poursuivre : on les fait sécher toute l’année pour pouvoir le travailler toute l’année. Ça enlève l’eau des plantes ».

Viens ensuite la macération dans de l’alcool neutre à 60% pendant 40 jours. Puis, la distillation, processus à l'alambic destiné à extraire les vapeurs d’alcool concentrées en arôme afin d’obtenir un alcoolat à 85%. Cet alcoolat passe par la phase d’assemblage. « On rajoute de l’eau de source pour le diluer et on sucre », explique Sarah. Bien évidemment, le spiritueux est contrôlé à la sortie, à la fois pour son degré d’alcool et sa qualité. Quant à la mise en bouteille, elle est précédée par la confection du bouquet incorporé au récipient.

Ce savoir-faire peut d’ailleurs être découvert lors des visites gratuites, sur inscription, de la distillerie organisées été comme hiver.

 

Plantes de montagne et fruits

Depuis sa reprise, il y a deux ans, la Distillerie des Aravis a sorti 80 000 bouteilles de liqueurs et d'eaux-de-vie.

Parmi celles-ci, il y a le produit phare : le Génépi Berger, autrefois appelé Génépi du Père Matthieu. Bien qu’ils continuent de faire appel à des collaborateurs régionaux pour la production de cette plante protégée, Sarah et Romain dispose également de leur propre parcelle de génépis qu’ils font pousser sur les hauteurs de La Clusaz.

La Gentiane ou la Sapinette complètent la gamme « plantes », fidèle à la tradition ancestrale de l’entreprise cluse.

Mais Sarah et Romain Gauthier veulent aussi apporter leur propre touche ardéchoise, à savoir des spiritueux à base de fruits. « On crée nos propres produits comme le génépi myrtille, le génépi vanille en édition limitée cet été. On aimerait faire un Gin à base de plantes de montagne, très floral », énumère Sarah Gauthier.

Au total, une quinzaine de références, amenées à évoluer dans le temps, sont vendues dans la boutique de la Distillerie des Aravis. « La seule distillerie qui existe au milieu des pistes », s’en amuse Sarah.

 

La Distillerie des Aravis, 106 chemin du Pré de Foire à La Clusaz

Boutique ouverte du lundi au samedi, de 10h à 12h et de 15h à 19h.

Téléphone : 06 26 64 85 28

distilleriearavis.fr