Crise hospitalière : les personnels hospitaliers sont dans la rue partout en France

Dans la plupart des services hospitaliers, la crise est grave.
Dans la plupart des services hospitaliers, la crise est grave. - Photo d’illustration Pixabay

Descendre dans la rue

Des rassemblements des personnels hospitaliers sont prévus, ce mardi 7 juin 2022, dans pas moins de 50 villes en France. Une manifestation a notamment déjà démarré à Paris. Et dans d’autres villes comme : Grenoble et Rennes dès ce matin, Marseille, Nantes et Toulouse ou encore à Aurillac, Épernay, Cherbourg, Dijon, Metz…

L’hôpital est en souffrance, avec ce qu’il connaît au fil des années, avec ce qu’il vient de subir lors de la pandémie de covid 19, avec les conditions de travail et de moyens des personnels, la désertification médicale, les fermetures de lits, avec l’état des salaires (malgré le Segur de la santé et ses 19 millions d’euros investis) et enfin face à un avenir (très proche pour l’été 2022) des plus incertains.

Autant de facteurs qui sont à l’origine du mouvement lancé par le syndicat CGT et soutenu par huit autres syndicats (dont SUD et CFE-CGC) et collectifs (dont Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences) au lendemain des annonces gouvernementales d’une mission flash pour les urgences. Quand bien même Élisabeth Borne, la première ministre vient d’assurer que des réponses rapides seraient apportées dès cet été. « Nous voulons aussi un travail de fond, territoire par territoire, pour mobiliser au mieux les soignants et permettre à chacun d’avoir un référent de santé. C’est là que ça doit se passer, dans les territoires, et pour l’instant, le modèle, l’architecture n’est pas satisfaisant. En tout cas, il faut que chaque Français puisse accéder à un professionnel de santé quand il en a besoin », a-t-elle ajouté, interrogée par France Bleu, ce mardi midi.

Une catastrophe annoncée

On parle aujourd’hui de plus de 120 services d’urgence qui ne sont plus en mesure de répondre pleinement à l’activité de leur secteur. Ils sont déjà, ou le seront prochainement, contraints de limiter, ralentir leur activité. Les personnels craignent un été meurtrier, craignent une catastrophe générale du soin et de la santé en France. « L’accès aux soins de premiers recours est de plus en plus compliqué. La crise est déjà là, mettant en danger la santé de la population » assène le communiqué commun des neufs syndicats et collectifs.

Les revendications

Les manifestations des personnels de santé, des blouses blanches, à quelques jours du premier tour des Législatives, font porter en cette journée dans la rue, les revendications sur les hausses de salaires, sur le recrutement, sur l’augmentation des moyens, la réouverture de lits. Ils appellent aussi à un plan de formation pluridisciplinaire, des ratios de professionnels adaptés à la charge de travail, au respect des équipes et des plannings.

La mission Flash qu’est-ce que c’est ?

Le président Emmanuel Macron vient, alors qu’il est en déplacement mardi 31 mai 2022 au centre hospitalier du Cotentin, d’annoncer le lancement d’une mission d’appui, mission Flash, qui vise d’ici le 28 juin 2022 : « à identifier de premières solutions opérationnelles pour faciliter l’accès aux soins urgents et non programmés, partout en France ». Une mission confiée à François Braun, président de Samu – Urgences de France, qui sera entouré d’un collectif de professionnels. « Identifier, en ville et à l’hôpital, des solutions pragmatiques, rapidement applicables au sein des territoires, afin de maintenir, par l’élan collectif de tous les professionnels de santé, la continuité de l’accès aux soins urgents dans les mois qui viennent, ainsi que de soutenir et accompagner les équipes qui sont mobilisées. Cette mission d’appui opérationnel associera, outre les professionnels, les élus locaux engagés au plus près du terrain, ainsi que les représentants des soignés », peut-on lire sur le site du ministère de la Santé et de la Prévention.

Sera-ce suffisant pour endiguer le délitement de l’offre de soin ? Beaucoup de soignants pensent que non et craignent qu’une nouvelle fois leur appel au secours ne soit pas entendu.