Collonges-sous-Salève : le sentier géologique d’Orjobet, une solide randonnée pour découvrir l’âme du Salève!

La Corraterie, le passage le plus spectaculaire de cette longue balade permettant de découvrir des lieux emblématiques du Salève.
La Corraterie, le passage le plus spectaculaire de cette longue balade permettant de découvrir des lieux emblématiques du Salève.

Balade réservée aux randonneurs expérimentés, le sentier géologique de la grotte d’Orjobet (ou boucle « Orjobet, Corraterie, Rochers de Faverges, Grande-Gorge ») est sans conteste l’un des itinéraires les plus emblématiques du Salève. Cette balade exigeante vous fera découvrir l’essence profonde de ce massif si attachant !

Un détour par la grotte d’Orjobet

Le point de départ de cette randonnée, balisée par le Syndicat Mixte du Salève, se situe sur le parking public du hameau du Coin, sur les hauteurs de Collonges. Depuis le parking, prendre le sentier d’Orjobet en direction de la Corraterie et de La Croisette. Ce chemin, doté de plusieurs panneaux d’information sur la géologie du Salève, grimpe raide en lacets dans la falaise en dominant Collonges-sous-Salève et Genève pour atteindre bientôt la grotte d’Orjobet, découverte en 1779 par H.-B. de Saussure, grâce à un paysan du Coin, François Orjobet. Le promeneur aura alors le plaisir de passer à l’intérieur de cette caverne, utilisant un escalier taillé à même la roche.

L’impressionnant sentier à flanc de falaise

Au-dessus de la grotte, le chemin se fait moins pentu pour rejoindre le sentier de la Corraterie (qui rejoint à droite le village de La Croisette), mais qu’il faut ici prendre à gauche. Vous voici alors sur les voûtes de la Corraterie, un impressionnant sentier à flanc de falaise, déconseillé aux personnes souffrant de vertige, mais offrant un superbe panorama sur la plaine du Genevois. Sur ce chemin, le promeneur découvrira des lieux incontournables du Salève, comme la grotte du Trou de la Tine ou la croix de Savoie (voir ci-dessous) peinte sur la falaise. Monter ensuite à droite dans l’alpage jusqu’à la clôture sur la crête. Franchir la chicane et se diriger à droite pour gagner les trois tables géologiques et un superbe point de vue sur les Alpes et le mont Blanc. Traverser la D41, descendre jusqu’à la mare près des étonnants rochers de Faverges, paradis des enfants pour les parties de cache-cache. Longer ensuite la clôture vers le nord-ouest. Suivre à gauche la D41 jusqu’à un grand virage près d’une cabane, puis prendre le sentier à droite, en contrebas, vers la tour de l’Observatoire. Au panneau « Grande-Gorge Nord 1250 m », descendre vers la Grande-Gorge, en direction du Coin. Attention, par temps humide, ce sentier difficile peut être assez glissant. Après une longue descente, vous voici arrivé à l’intersection en bas de la Grande-Gorge, où il faut s’engager à gauche sur le chemin forestier, en suivant la direction « Le Coin 40 min », pour rejoindre le point de départ de votre balade.

Infos pratiques

Classée «difficile», avec 4h30 de randonnée pour 11 kilomètres de parcours (dénivelé positif de 821 mètres), ce sentier géologique de la grotte d’Orjobet est plutôt réservé aux randonneurs expérimentés et endurants. Le passage sur le sentier de la Corraterie est assez aérien, donc déconseillé aux personnes souffrant du vertige. Cette promenade fait partie des 37 itinéraires de randonnées proposés par les syndicats du Salève et du Vuache dans le Topoguide « Pays du Salève et du Vuache… à pied », édité par la FFRP. Tout comme le guide « Découvertes en Genevois », édité par Le Messager, il offre de belles opportunités pour découvrir la riche nature de notre territoire.

En 1967 survient l’affaire de la croix suisse

Idéale pour faire un selfie original (mais avec prudence !), la grande croix de Savoie ; que l’on voit depuis la plaine, a une histoire originale qui commence en mai 1967. Un matin, les habitants découvrent, stupéfaits, qu’une grande croix suisse a été peinte sur le Salève. L’histoire fait scandale et la gendarmerie enquête. Premières conclusions : les auteurs de ce forfait n’ont pas le vertige et sont des sportifs accomplis et fins connaisseurs du Salève. Ce qui fait des membres du Club Alpin Suisse, omniprésents sur le massif, des suspects de premier ordre ! Pour corser le tout, la presse fait monter la mayonnaise.

Régulièrement repeinte et visible depuis la plaine, la croix du Salève a une histoire qui date des années 1960.

Les coupables ne sont pas ceux que l’ont croit

Effrayés par la tournure des évènements, les coupables vont finir par se dénoncer. Ni Suisses, ni Français, ce sont trois étudiants américains qui ont fêté d’étrange manière l’obtention de leur diplôme au Campus adventiste du Coin (à Collonges). Sportifs et bien équipés, ils sont montés de nuit en voiture au Salève pour peindre ce gigantesque drapeau suisse sur la plaque blanche de la Corraterie, due à la foudre durant un terrible orage en 1942. Pour s’en sortir, les trois gaillards ont expliqué que, venant d’un grand pays comme les Etats-Unis, ils pensaient que le Salève était genevois et suisse ! Même si l’explication n’a pas vraiment convaincu, les trois jeunes s’en sont sortis sans trop d’ennuis. Très vite, la croix suisse est devenue savoyarde. Elle est depuis régulièrement repeinte par des anonymes, histoire sans doute de rappeler que le Salève est bien savoyard !