Tarentaise et Maurienne : le mystère des animaux morts reste entier

Tarentaise et Maurienne : le mystère des animaux morts reste entier

Dans un communiqué, le parquet d’Albertville, sous la plume d’Anne Gaches, revient sur l’affaire et retrace l’enquête  : « Au cours du printemps 2021, les 25 et 28 mars, deux loups étaient découverts morts en Maurienne. Une autopsie et des analyses toxicologiques étaient réalisées à la demande de l’Office Français de la Biodiversité.

En plus des loups, un gypaète et son poussin

Le 20 avril, un gypaète barbu et son poussin appartenant à l’espère des très grands rapaces, très menacés, dont le nombre de couples reste faible et la reproduction sensible, étaient retrouvés morts dans leur nid à Val-Cenis. Ils étaient pris en charge par le Parc National de la Vanoise en vue de les autopsier et de réaliser des analyses toxicologiques. Les résultats de ces examens révélaient que ces animaux d’espèces protégées étaient morts des suites d’un empoisonnement par de l’aldicarbe et du carbofuran, substances actives appartenant aux phytosanitaires insecticides auparavant délivrés aux professionnels mais interdits depuis 2008.

Une enquête judiciaire est ouverte

Une enquête judiciaire était immédiatement diligentée par le parquet d’Albertville pour destruction non-autorisée d’espèce animale protégée et confiée conjointement à la police de l’environnement de l’Office Français de la biodiversité et du Parc National de la Vanoise ainsi qu’à la compagnie de gendarmerie de Saint-Jean-de-Maurienne.

De nombreuses investigations étaient ainsi conduites sous la direction du parquet d’Albertville.

Des appâts empoisonnés pratiqués

Les premières recherches sur les lieux où étaient retrouvés les animaux morts, parfois conduites avec l’appui d’un drone, permettaient la découverte de nombreux animaux morts  : renards, grand corbeau, fouine, mais également chiens et bovins.

Plus d’une dizaine d’entre-eux se révélaient avoir été intoxiqués au carbofuran, parfois à de très fortes doses, potentiellement dangereuses également pour l’homme en cas de contact ou d’indigestion. Ces éléments démontraient que des dépôts d’appâts empoisonnés étaient régulièrement pratiqués. Des prélèvements de sols visant à retrouver la molécule utilisée étaient pratiqués sur l’ensemble des sites de dépôts d’animaux domestiques morts.

Des surveillances et des pièges photographiques sans succès

Les investigations s’intensifiaient encore avec la mise en place de surveillances régulières de nuit visant à contrôler les véhicules présents sur la zone et l’exploitation de pièges photographiques placés sur celles-ci.

De nombreuses personnes, spécialistes des produits phytosanitaires et de la toxicologie, chasseurs, techniciens cynégétiques, agriculteurs et habitants installés sur le secteur étaient entendues dans le cadre de l’enquête.

En février 2022, un renard au comportement anormal était découvert à Bramans. Les analyses relevaient à nouveau la présence de carbofuran et celle d’un poison raticide le brodifacum.

Une procédure classée sans suite après un an d’enquête

Au vu des secteurs de découverte des animaux intoxiqués, ainsi que de l’origine des poisons employés, une opération était conduite le 24 mai 2022 afin de rechercher au sein des bâtiments d’exploitation des stocks résiduels de produits phytosanitaires contenant du carbofuran ou de l’aldicarbe.

Des perquisitions étaient ainsi réalisées, avec l’assentiment des exploitants concernés, par la compagnie de gendarme de Saint-Jean-de-Maurienne accompagnée des services vétérinaires et des polices de l’environnement sous l’autorité du parquet d’Albertville.

Cette enquête a mobilisé pendant un an d’importants moyens au sein de l’ensemble des services de polices de l’environnement et de la gendarmerie nationale.

A ce stade, aucun auteur n’a pu être identifié. La procédure va donc être classée sans suite ».