Bassin Albertvillois: il figurait depuis 2 ans sur le fichier des personnes recherchées, le voleur de la Belle Etoile arrêté!

Terrain de jeu de Sébastien : les flancs de la Belle Étoile.
Terrain de jeu de Sébastien : les flancs de la Belle Étoile.

Dans la salle du tribunal, une victime se désole : « Je passe mon temps à la gendarmerie, il m’a cambriolé une douzaine de fois en brisant les fenêtres ou les volets ». Ce lundi, il comparait pour 16 vols, mais depuis des années, c’est beaucoup plus qu’il a commis sur les flancs de la Belle Étoile, visant les chalets isolés de Mercury, Pallud ou Allondaz. La juge Anne Chambellant les énumère. Pas de bijoux ou de numéraires, mais ici 36 bouteilles de vin, là des cakes au fruit ou encore une hache, des conserves ou du champagne. Pendant de longues minutes, la magistrate tente de comprendre la motivation de Sébastien, les raisons de cette vie en marge de la société. Pendant la belle saison, il vit dans les bois ; l’hiver, révèle-t-il « je squatte des caves ou des garages ». Il est insaisissable. Pendant deux ans, les gendarmes ont tenté de l’arrêter. « Pas étonnant qu’il leur échappe, il court comme un cabri et connaît les forêts par cœur », livre une victime. Tout le monde le connaît. C’est le fils d’une famille réputée sur Mercury. Il ne connaît plus personne, et ne s’adresse pas à ses proches. « J’ai trop honte, et puis je sais qu’ils ne partagent pas mon mode de vie. Mais il faut que j’en change, j’ai 40 ans, je ne peux plus vivre comme ça ».

En 2015, il disparaît des radars

Pour cambrioler les maisons, il effectuait des repérages avec ses jumelles et ne choisissait que les chalets vides. Selon ses trouvailles, il pouvait vider cave ou réfrigérateurs en plusieurs fois. « Je ne vivais que de ça, concède Sébastien ». Deux fois il se fait surprendre par les propriétaires, la seconde, il s’enfuit sous la menace d’un trident, oubliant son sac à dos avec toute sa vie dedans. Juste une carte d’identité et une carte vitale. Juste ça. Rien d’autre.

Invité à s’exprimer par la juge, Sébastien répond doucement, brièvement. « Plus fort s’il vous plaît ! ». Il a arrêté l’école en sixième, travaillé pendant dix ans pour les ateliers de l’Oiseau Bleu. Puis c’est la dégringolade. Sa copine qui le quitte pour un autre. L’alcool. Beaucoup. Il perd son travail, son appartement. Victime d’un viol en prison, il va se perdre dans les montagnes en 2015 et disparaît des radars. Loin des jugements et d’une société dans laquelle il ne se retrouve pas. Aucune méchanceté dans ses propos, il reconnaît tout, ou presque.

À la barre, une des victimes lâche : « Il a cassé plusieurs fois carreaux et volets chez moi, mais n’a réussi à rentrer qu’une fois. On savait tous que c’était lui, un jour, je l’avais prévenu que ça risquait de mal se terminer, qu’il tomberait sur une personne moins compréhensive, qui ne le connaît pas ou à qui il fait peur ».

La procureure Sophie Mauboussin renchérit : « La pitié des gens a été salvatrice pour lui. Ça fait deux ans qu’on lui court après. Alors oui, ce n’est pas Yvon Colonna, mais il a commis 16 vols avec effraction dont 13 en récidive. Juste un vol par effraction, c’est 7 ans de prison encourus ! ». Comme souvent, la procureure adapte sa peine au prévenu, cherchant une voie de réinsertion, un avenir pour Sébastien. Elle demande 18 mois de prison dont 6 avec sursis sous le régime de la semi-liberté.

Maître Adduci rapporte : « quand je lui ai demandé s’il avait quelqu’un à appeler, une personne pour l’héberger, il m’a répondu non, personne ». Rappelant qu’il n’avait volé que de l’alcool et des victuailles, il s’est rangé à la peine demandée par la procureure, sollicitant juste qu’elle soit moins longue.

Le jugement

Sébastien a été condamné à une peine de 6 mois ferme à exécuter sous le régime de la semi-liberté ainsi que 4 mois avec sursis probatoire. Il devra par ailleurs indemniser ses victimes.