Les travailleurs sociaux et médico-sociaux en grève pour dénoncer leurs conditions de travail

Travailleurs sociaux et médico-sociaux souhaitent de meilleures conditions de travail.
Travailleurs sociaux et médico-sociaux souhaitent de meilleures conditions de travail.

Entre midi et 15 heures, ce mardi 31 mai, les travailleurs sociaux et médico-sociaux des secteurs public comme privé étaient appelés à un mouvement de grève devant la direction territoriale Arve-Faucigny-Mont-Blanc, située à Marignier. S’ils n’étaient qu’une petite trentaine à s’être déplacés, ils ont tenu à se faire entendre, ou plutôt elles ont tenu, tant ces professions sont féminisées.

Les exclus du Ségur de la santé

« Nous sommes les exclus du Ségur de la santé ! », protestent-elles, tout en dénonçant une modification profonde de leurs pratiques professionnelles au détriment de la population, que ce soient les jeunes, les personnes âgées, les personnes handicapées. « Le Département, qui est notre employeur, est en train de démanteler le travail social et de l’externaliser au privé ; ce qui n’encourage pas les vocations, surtout dans une région où il est difficile de trouver du personnel. Nous sommes en sous-effectif permanent et cela s’amplifie », rapporte Isabelle, l’une des porte-paroles. « Cela participe tout autant à la mise en danger des salariés et agents eux-mêmes que des personnes auprès desquelles nous intervenons. Ils font avec nous, comme ils ont fait avec l’hôpital public ! »

Des conditions de travail qui se dégradent

Elles dénoncent également la dégradation de leurs conditions salariales. « Les élus du Département n’ont même pas voté pour nous la prime de 183 euros qui a été octroyée aux personnels socio-éducatifs. » Cette prime ne bénéficierait en effet qu’au personnel des structures médico-sociales. « Tout ça est fait pour diviser les collectifs de travail, car nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne », poursuit Marine. Elle prend son exemple : « J’ai 40 ans, bac+3, vingt-deux ans d’ancienneté comme éducatrice spécialisée dans la protection de l’enfance et je gagne 1 783 euros par mois. Et on ne veut même pas nous octroyer une prime de 183 euros ! »

Dans le privé aussi…

La situation n’est guère mieux dans le privé, comme le démontre Ingrid, également éducatrice spécialisée, un peu plus jeune et douze années d’ancienneté. « Je touche 1 400 euros par mois. Maintenant, on nous demande de monter un projet et de le réaliser pour avoir droit à une prime, mais je ne sais même pas de combien elle sera », fait-elle savoir tout en déplorant des conditions de travail qui ne peuvent que diviser le personnel. « Il faut bien penser que les accidents de la vie peuvent arriver à tout le monde. On intervient auprès de toutes les couches de la population. Nos métiers ne concernent pas que les pauvres », poursuit Isabelle. «  On est bien content d’avoir un veilleur de nuit ou une maîtresse de maison, par exemple. »

Leurs revendications

– Augmentation immédiate des salaires

– Salaire minimum net à 1 700 euros

– Octroi de la prime de 183 euros, préalable à toute négociation

– Une carrière avec évolution linéaire

– Contre l’individualisation des carrières

– Pour l’ouverture de places dans le social, le médico-social et l’animation

– La fin de la marchandisation de la santé

– Un plan d’embauche massif