Ferney-Voltaire : scène de violences conjugales devant des lycéens

Les faits se sont produits chemin du Levant, à Ferney-Voltaire.
Les faits se sont produits chemin du Levant, à Ferney-Voltaire.

Les violences intra-familiales se déroulent le plus souvent dans le huis-clos d’un domicile conjugal. Elles débordent rarement sur l’espace public.

Mais, le 20 mai dernier vers 15h45, chemin du Levant à Ferney-Voltaire, des lycéens ont été confrontés à une scène angoissante qui les a marqués. Une femme complètement paniquée, accrochée à un grillage, criait de toutes ses forces et appelait de l’aide.

Un homme surgit alors de l’entrée de l’immeuble, l’empoigna et la ramena de force au domicile «  comme un vulgaire sac à patates  », a témoigné l’un des jeunes présents. Il appela en urgence les gendarmes tandis qu’un autre copain, courageux, montait jusqu’au logement pour tenter de calmer l’homme irascible qui menaçait d’étrangler la femme. En retour de cette volonté de la secourir, des injures et des menaces de son agresseur : « T’occupes pas de ça, fous le camp, je suis en plein divorce. » La femme tremblait et pleurait.

Des menaces de mort prises au sérieux

Quand deux gendarmes sont arrivés sur place, l’homme était enfermé à l’intérieur de son appartement avec sa victime et leurs deux enfants âgés d’un an et demi et deux ans et demi. Il fallut l’intervention d’un troisième gendarme, officier de police judiciaire, pour qu’il ouvre enfin la porte et jette froidement sur le palier sa femme avec ses affaires d’un coup de pied aux fesses : « Tu veux voir les flics, vas-y !  ».

L’homme a été aussitôt interpellé et placé en garde à vue dès l’après-midi. Il continua à proférer des menaces de mort très explicites à l’égard de sa compagne : « Je vais la tuer, l’étrangler. Je suis un voyou pas une petite canaille. Je connais des gens à Genève qui peuvent faire le taf. Faut pas s’étonner qu’il y ait des féminicides, d’en arriver là comme dans l’affaire Jubillar. » Autant de menaces prises très au sérieux et consignées dans le procès-verbal

Le prévenu a été jugé quatre jours plus tard par le tribunal de Bourg. La présidente a détaillé les faits qui lui sont reprochés. Des violences verbales mais aussi physiques, qui ont provoqué des griffures au bras, des ecchymoses et hématomes à plusieurs endroits du corps.

« Pas dans mon état normal »

Face au tribunal, l’homme, calmé, n’a pas nié les violences sur sa compagne, ni les menaces proférées, mais il a prétendu qu’il avait avalé une quinzaine de cachets et qu’il ne se souvenait pas bien du déroulement des faits. « Je n’étais pas dans mon état normal, c’était un autre que moi, je ne suis pas comme ça par nature. » Il a raconté qu’il a découvert depuis quelques mois que sa femme le trompait, qu’elle avait quelqu’un d’autre dans sa vie. « Elle m’a dit qu’elle voulait divorcer, elle a passé un coup de fil à son copain, elle m’a nargué, ça m’a rendu fou.  »

Le parquet a estimé que les faits de violences physiques et menaces de mort étaient parfaitement caractérisés. Il a pointé le comportement « d’un macho qui tente de maintenir sa compagne sous son joug à la manière de l’homme de Néandertal ». Trente mois de prison dont dix avec sursis ont été requis.

L’homme a été condamné à vingt mois d’emprisonnement dont douze mois assortis d’un sursis probatoire pendant une durée de deux ans. Le maintien en détention a été ordonné. Il devra verser à la victime une somme de 300€ au titre de son préjudice moral. Interdiction lui est faite d’entrer en contact avec sa compagne et de paraître à son domicile.