La justice arrête le fonctionnement d’une antenne 4G, peut-être à l’origine de la mort de nombreuses vaches

Une antenne relais pourrait être responsable de la mort d’une quarantaine de vaches dans la commune de Mazeyrat d’Allier en Haute-Loire.
Une antenne relais pourrait être responsable de la mort d’une quarantaine de vaches dans la commune de Mazeyrat d’Allier en Haute-Loire. - Photo d’illustration archives Le Messager

Une installation contestée, mais…

Le 12 juillet 2021, la commune de Mazeyrat-d’Allier, en Haute-Loire accueillait, avec l’accord de la mairie, l’installation d’une antenne relais 4G gérée par Orange. Une pétition avait circulé à l’époque pour s’opposer à la venue de l’équipement.

À 250 m de son emplacement, les familles Salgues et Jammes sont éleveuses de vaches laitières au sein du GAEC du Coupet.

Les vaches meurent

Très rapidement, les exploitants déplorent une mortalité inexplicable et soudainement accrue de leurs bêtes et une baisse très conséquente de leur production de lait. En quelques mois, ils perdent plus d’une quarantaine de vaches, certaines deviennent aveugles et leur quantité de lait quotidienne diminue de manière inquiétante. Et dans le pré, ils constatent que les vaches ont tendance à se regrouper dans les coins les plus éloignés de l’antenne relais.

Les agriculteurs avaient pu, par ailleurs, remarquer que les vaches allaient immédiatement mieux quand Orange procédait à des arrêts d’émission pour des raisons techniques.

Le tribunal réagit

Rapprochant alors leurs pertes animales et l’implantation de l’antenne, ils supposent sa responsabilité et engagent des poursuites contre Orange et l’installateur. Les audiences se succèdent au tribunal au tribunal du Puy-en-Velay pour qu’enfin, il ordonne la menée d’une expertise approfondie pour comprendre les raisons du sinistre dans cette exploitation laitière et s’il peut y avoir un lien avec la présence de l’antenne relais.

Le 4 avril dernier, « un rapport sort des mains du professeur et vétérinaire Jean-Dominique Puyt, professionnel mandaté par la justice pour réaliser cette expertise. Il demande un arrêt sans équivoque du relais et pour plusieurs mois afin de constater les effets néfastes sur le troupeau », indique le site zoomdici.fr.

L’affaire se poursuit au tribunal administratif de Clermont-Ferrand où le juge des référés demande, vendredi 20 mai 2022 l’arrêt temporaire du fonctionnement de l’antenne « afin d’établir un lien potentiel de causalité entre le comportement de ses bovins et cette antenne, et pour permettre à l’expert judiciaire d’accomplir sa mission », peut-on lire sur Le Progrès. Ou sur BFMTV : « Il y a lieu d’ordonner cet arrêt provisoire du fonctionnement de cette antenne pour une durée de deux mois, compte tenu de ses incidences générales, avec suivi, par l’expert judiciaire, du comportement du cheptel, et des vaches laitières en particulier, sur cette période ».

L’opérateur Orange a trois mois pour procéder à l’arrêt de l’antenne. « C’est un soulagement indescriptible, partage Frédéric Salgues. Nous, nous savons très bien que tout vient de là. L’expert a fait toutes les analyses possibles et imaginables que ce soit sur l’alimentation des bêtes, les vaccins, le contrôle de l’eau et du lait, l’état de santé du troupeau… absolument rien n’explique cette hécatombe. Il ajoute encore : « Étrangement, les rares fois où des employés d’Orange coupaient les émissions de l’antenne pour faire des réglages, les bêtes semblaient renaître aussitôt, instantanément ! », relate zoomdici.fr

Une affaire qui pourrait concerner bien d’autres départements et communes

Les implantations d’antennes relais, 3G, 4G ou 5G pour la téléphonie notamment se multiplient sur tout le territoire français. Comme se multiplient les oppositions, les manifestations, les plaintes et affaires portées en justice.

Une réaction qui s’organise, depuis plusieurs années et comme cela a été le cas dernièrement en pays de Savoie. En Savoie, notamment, à Verrens-Arvey, La Bâthie, Villard-sur-Doron, Bourg-Saint-Maurice. En Haute-Savoie par exemple à Argonay-Pringy.

Si en Haute-Loire, les vaches ont été atteintes, les craintes des collectifs ou associations dans différentes communes se portent aussi sur les risques pour la santé humaine.