Frère Bruno: «Le propre de la communauté selon Saint-Benoît c’est que les hôtes n’y manquent jamais et que toute personne soit reçue chez nous comme le Christ»

Frère Bruno: «Le propre de la communauté selon Saint-Benoît c’est que les hôtes n’y manquent jamais et que toute personne soit reçue chez nous comme le Christ»

Frère Bruno, quand la messe est dite, tout est réglé ?

C’est là que ça commence, on va au boulot ! Une fois par semaine je lave le linge sale de la famille, les autres jours je vais au magasin et je donne une heure de cours aux novices.

Mieux vaut-il s’adresser au bon dieu qu’à ses saints ?

Quand on s’adresse à ses saints c’est au bon Dieu qu’on s’adresse, c’est justement parce qu’ils sont près du bon Dieu qu’ils sont saints. C’est donc pareil …et Dieu n’est pas jaloux !

N’êtes-vous pas communautariste ?

Le propre de la communauté selon Saint-Benoît c’est que les hôtes n’y manquent jamais et que toute personne soit reçue chez nous comme le Christ.

Au nouvel an faites-vous de nouveaux vœux ?

On ne cesse jamais de renouveler les vœux qu’on fait pour les autres, sans attendre le nouvel an. Tous les jours nous prions pour tout le monde, pour la paix, pour l’entente des hommes entre eux.

Vous êtes un homme d’ordre ?

Sur l’arbre bénédictin nous sommes la branche cistercienne, née au XIIème siècle. Notre projet est de revenir au travail manuel pour les moines, ce qui s’était un peu perdu, et de sortir des compromissions avec le pouvoir féodal.

L’âge de la retraite c’est 20 ans ou 60 ans ?

Je suis en retraite depuis l’âge de 38 ans. Notre façon d’être en retraite, c’est de recevoir et de travailler pour contribuer au bien commun et nous aider à recevoir nos prochains. Nous ne vivons pas de subventions.

Le jeudi de l’Ascension descendez-vous en ville ou randonnez-vous sur les hauteurs ?

On prie ! En anecdote, lorsque j’avais 2 ans, le jour de l’Ascension, j’ai fait une chute d’un étage, chez mes parents, une coïncidence qui a beaucoup fait rire l’interne de garde, beaucoup moins mes parents. C’est pour moi une occasion de rendre grâce, puisque je suis toujours là.

Êtes-vous un homme de parole ?

Oui, il paraît même que quelquefois je parle trop longtemps, ce que m’ont dit mes frères après mon dernier sermon. La parole est essentielle, d’où l’importance que nous accordons aussi au silence, qui permet de donner tout son poids à la parole. Nous avons la parole du Christ et nous avons à la transmettre.

Êtes-vous plutôt fromage ou dessert ?

Malheureusement la faculté de médecine me persécute, je n’ai pas le droit au fromage, alors que nous en produisons 400 Kg tous les jours. Mes frères, eux, ont cette chance et ne s’en privent pas.