Nantua : face au tribunal, elle a nié lui avoir porté un coup de couteau

L’affaire a été jugée au tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse.
L’affaire a été jugée au tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse.

I ci on est dans la vraie vie, pas sur Instagram…  », le juge Gaël Candela s’agace d’un ton ferme pour remettre en place une jeune femme de 19 ans qui lui coupe la parole. Les réseaux sociaux ont distillé leur puissance maléfique dans une affaire de violences assez embrouillée qui a eu lieu le 28 avril vers 20 heures sur un city stade de Nantua.

D’un côté un couple de jeunes gens, de l’autre deux sœurs, leur frère et leur père qui sont venus en découdre aux mains pour régler un contentieux sur fond de rivalité amoureuse ancienne. Quand les gendarmes sont arrivés sur place, ils ont constaté qu’une femme âgée de 18 ans était ensanglantée après avoir reçu un coup de couteau sur le flanc. Une plaie de deux centimètres, quatre jours d’arrêt de travail, mais heureusement pas trop de gravité puisqu’aucun organe vital n’a été atteint.

La prévenue nie les faits

Quatre jours plus tard, la prévenue soupçonnée d’avoir porté le coup a comparu devant le tribunal de Bourg. Elle avoue avoir participé à cette rixe, mais nie farouchement le coup de couteau. «  Alors qui l’a porté, est-ce votre sœur ? » l’interroge le juge. Elle ne sait plus, tout est allé très vite. Elle se souvient être tombée à terre, se rappelle qu’on lui a tiré les cheveux et qu’elle ne voyait plus rien.

Il a été difficile pour les enquêteurs de déterminer les réelles circonstances de cette bagarre. Quand les forces de l’ordre sont arrivées sur les lieux, la plupart des antagonistes avaient pris la poudre d’escampette et le couteau n’a pas été retrouvé. «  Quand vous avez vu le sang, vous n’avez pas appelé les secours », tente encore le juge Candela : « Non, je croyais qu’elle faisait une fausse couche et son copain était présent.  »

Faute de preuves matérielles, l’avocat de la défense, Me Marcel Guidicelli, a plaidé la relaxe au bénéfice du doute. Le tribunal a finalement requalifié les faits de violence avec arme en violence en réunion. La jeune femme sans mention à son casier judiciaire a été condamnée à dix mois avec un sursis probatoire de deux ans. Interdiction lui est faite de porter une arme pendant cinq ans et d’entrer en contact avec la victime.