Daniel Raphoz: «Ce n’est plus de l’utopie, nous sommes dans l’opérationnel!»

Le maire Daniel Raphoz a présenté le projet d’hôpital dans le dernier numéro du Ferney mag.
Le maire Daniel Raphoz a présenté le projet d’hôpital dans le dernier numéro du Ferney mag.

Entretien avec Daniel Raphoz, maire de Ferney-Voltaire.

Comment est né ce projet d’hôpital sur votre commune ?

D’un constat. Le Pays de Gex est en carence totale en termes de santé. On a toujours beaucoup d’annonces, mais c’est toujours la catastrophe et c’est anormal. Un élu doit trouver des solutions. Le Centre de soins immédiats à Gex en est une, mais qu’en est-il des soirs et des week-ends ? La population gessienne croît chaque année et si on n’y associe pas les infrastructures nécessaires, ce sera boiteux. Le discours de l’Agence régionale de santé est à contresens, priorisant les personnes âgées alors que notre population gessienne est de plus en plus jeune. On a donc travaillé avec un cabinet de santé pour faire le point sur ce qui existait dans la Région et la réalité de la prise en charge des Gessiens. La solution, c’est d’avoir un établissement de santé opérationnel avec un vrai plateau technique. Cet hôpital, c’est un projet que je travaille depuis mon premier mandat, tout comme le tram.

Quels sont les obstacles qu’il reste à franchir pour que le projet d’hôpital se concrétise ?

Déjà, il faut que l’agglomération du Pays de Gex inscrive ce projet dans son contrat territorial de santé. Il ne faut surtout pas qu’on rentre dans un combat stérile public/privé. Ce projet sera complémentaire de ce qui pourra se faire à Gex.

Ensuite, il faut présenter notre OAP à l’agglomération et qu’elle soit votée. L’OAP est nécessaire car il faut reclasser des zones, préciser sur chaque zone ce qui sera fait. On souhaite que cette OAP soit votée dans l’année.

Après, il reste l’Etat qui peut s’opposer. L’Agence régionale de santé doit approuver nos 75 lits, soit 20 000 séjours par an. Et pour cela, elle doit les récupérer ailleurs. Il n’y a pas de nouveaux lits qui se créent en France.

Ce sont des étapes administratives et sanitaires que l’on essaye de lever une à une.

Vous avez donc un calendrier en tête ?

Nous ne sommes plus dans l’utopie, mais dans l’opérationnel ! Il y a même déjà des plans. On a travaillé en amont depuis des mois. C’est le moment de faire bouger les lignes. Une fois l’OAP votée, on enchaînera sur de potentiels permis. L’idée c’est d’aller le plus vite possible. Je me fiche de ne plus être maire pour l’inauguration, mais je veux pouvoir lancer une phase de construction. Il faut imaginer trois ans de travaux après validation administrative. L’hôpital pourrait donc voir le jour en même temps que l’arrivée du tram. Là, on peut avancer, on a un lieu, des partenaires et la volonté.