Oublié dans le bus, un enfant trisomique passe la journée au dépôt

Jeudi 3 octobre, le petit Younès, 10 ans, n’est pas descendu du car qui le conduisait à l’IME où il est scolarisé, près de Lens. Il restera toute la journée sur son siège, avant qu’un technicien ne le trouve à 15 heures et alerte l’IME et ses parents.© Séverine Courbe / La Voix du Nord
Jeudi 3 octobre, le petit Younès, 10 ans, n’est pas descendu du car qui le conduisait à l’IME où il est scolarisé, près de Lens. Il restera toute la journée sur son siège, avant qu’un technicien ne le trouve à 15 heures et alerte l’IME et ses parents.© Séverine Courbe / La Voix du Nord - VDN

Jeudi 3 octobre, comme tous les matins depuis 3 ans, le petit Younès, 10 ans, monte dans le car de ramassage scolaire à 8 heures pour se rendre à l’Institut Médico-Educatif de Liévin, près de Lens (Pas-de-Calais) où il est scolarisé. L’enfant, trisomique, n’est pas en capacité de s’exprimer. Chaque montée, rapporte la Voix du Nord, est contrôlée par un accompagnateur, moniteur adjoint d’animation attaché à l’IME. Quand le car arrivé à bon port, les éducateurs de l’institut récupèrent les enfants, l’accompagnateur signale les absents, fait le tour des sièges et le véhicule regagne son dépôt.

Le car repart au dépôt avec l’enfant

Or le jeudi 3 octobre, personne ne vérifie si le car est bien vide à l’arrivée à l’institut et personne ne s’inquiète de l’absence de Younès. Contrairement à son habitude, le jeune garçon ne s’est pas assis devant mais plusieurs rangs derrière. « On était dans une attitude où ce sont les parents qui nous préviennent d’une absence. Elle n’a pas été détectée, on n’a pas été bons », lâche, contrit, le directeur de l’IME. Le car repart donc au dépôt avec un passager à son bord et la conductrice le quitte sans passer dans les rangs.

Jusqu’à 15 heures seul dans le bus

La présence de l’enfant dans le bus ne sera remarquée qu’à 15 heures, grâce à l’intervention fortuite d’un technicien. L’IME est alerté, l’enfant est ramené et ses parents sont prévenus vers 15 h 45. Physiquement, Younès va bien, « Il n’a pas la notion de l’heure ou du jour. Pour lui, il est peut-être resté cinq minutes tout seul. », indique son père. Cependant, depuis, le petit garçon exprime un mal-être, notamment par une difficulté à être seul, en particulier la nuit.

Les parents de Younès ont porté plainte pour « mise en danger d’autrui ». Après la suspension de l’accompagnateur et une « déclaration d’événement indésirable » auprès de l’Agence régionale de santé, l’IME va revoir ses procédures, pour que la mésaventure de Younès reste un cas isolé.