Tout le monde se mobilise, en fonction de ses intérêts et de ses convictions

A Vienne, en Autriche, les jeux de l’union internationale auxquels participe le Bellegardien Jean Allais.
A Vienne, en Autriche, les jeux de l’union internationale auxquels participe le Bellegardien Jean Allais.

La crise des années 1930 accentue les divisions de la population. Les inégalités sociales sont très fortes entre le patronat, souvent à la tête des filiales locales des entreprises suisses, et les ouvriers.

Chaque groupe défend ses intérêts : dans l’Union Commerciale et Industrielle pour les premiers, dans l’Union des syndicats ouvriers pour les seconds. Les employés des douanes, des chemins de fer et des commerces constituent, quant à eux, une classe moyenne nombreuse.

A cette division, se surajoute une autre entre les « deux France » : c’est-à-dire entre la population qui pratique le catholicisme et participe à ses patronages, et celle qui est unie dans le mouvement ouvrier (partis socialistes et communistes, syndicats) qui a créé également sa Jeunesse Ouvrière Sportive.

Le parcours de deux Bellegardiens, en 1936, illustre cette division. D’une part, Jean Allais est l’un des six gymnastes de l’association catholique l’Alerte, qui participent aux jeux de l’union internationale des œuvres catholiques d’éducation physique, organisés, à Vienne, en Autriche.

D’autre part, Marius Marinet, le futur fondateur de la Résistance locale, qui occupe alors un emploi de chauffeur-livreur pour la coopérative de consommation « La Ménagère », participe au congrès de la CGT à Toulouse en mars 1936.

Ce congrès est un événement crucial de l’histoire du syndicalisme français : la CGT dirigée par Léon Jouhaux et la CGTU (U pour unitaire) dirigée par Benoît Frachon fusionnent, après 17 ans de séparation et de rivalité. Alors que la première était fidèle à l’idéologie socialiste et à la SFIO, la seconde avait fait scission pour se rapprocher du parti communiste (créé à la suite du Congrès de Tours en 1921).