Albertville : un père de famille roué de coups, prison ferme pour ses agresseurs

Parking de Conflans près des canons : lieu de l’agression le 20 novembre 2016 à 9h30.
Parking de Conflans près des canons : lieu de l’agression le 20 novembre 2016 à 9h30.

ALBERTVILLE

Dimanche 20 novembre 2016, il est 9h30 quand Jérôme promène son chien sur le parking de Conflans au niveau du point de vue où se situent les deux canons. Interpellé par trois individus tout juste sortis d’une voiture, il est roué de coups de poings et de pieds avant que ces derniers ne prennent la fuite. Bilan : hématomes, contusions au niveau de la paroi abdominale, diverses plaies, 8 jours d’incapacité totale de travail ainsi que des conséquences psychologiques. « La victime avait rencontré un différent avec les prévenus une semaine auparavant. », précise Michelle Raffin, Présidente de la cour. « Compte tenu de la complexité du dossier, nous allons le prendre en formation collégiale », poursuit-elle, entourée de ses deux assesseurs après en avoir fait référé aux deux parties présentes.

Retour sur l’agression

Sur les trois prévenus, seuls Zakaria et Christopher, cousins germains, se dirigent à la barre. Le troisième prévenu, Selim, sous contrôle judiciaire a quitté le territoire pour s’installer en Australie. La Présidente revient sur l’agression et cite : « Tu sais pourquoi on est là ? Il faut le planter et jeter son corps par-dessus le rempart. Confirmez-vous ces déclarations présentes dans les dépositions ? », interroge la Présidente. « Je me suis retrouvé à Conflans par hasard. J’ai eu un sentiment d’injustice pour ce petit de 13 ans qui a été frappé et ne s’est pas défendu.  », répond Zakaria. Une semaine avant l’agression, Jérôme avait porté un coup au petit frère du prévenu Selim suite à une altercation. « Mais il a été jugé pour ce qu’il a fait. Vous aviez décidé de faire justice vous-même pour un garçon de votre quartier ? », poursuit-elle. « J’ai eu un sentiment d’injustice. », réitère Zakaria. « Que faisiez-vous à Albertville ? », demande la Présidente à Christopher, deuxième prévenu ne résidant pas dans la région. « J’étais venu en vacances. », répond t-il. « Vous avez de la famille et avez vécu ici il y a plusieurs années mais vous n’étiez jamais revenu. Que s’est-il passé sur le parking ? », l’interroge t-elle. « Nous étions sortis la veille. Je dormais dans la voiture. A mon réveil sur le parking, je me suis rendu compte que la discussion en venait aux mains. J’ai essayé de calmer tout le monde. Je ne connaissais pas la victime, je n’ai rien contre lui et ne l’ai jamais frappé. On n’a jamais essayé de le balancer par-dessus le muret. », raconte t-il. « Sa femme qui a vu la scène depuis la fenêtre de son logement a dit avoir vu trois personnes l’empoigner pour le faire basculer. », insiste la Présidente. « C’est peut-être un grand mot de dire que je le protégeais mais j’essayais de stopper la bagarre. », termine Christopher. Jérôme, la victime, explique à la barre : « Ma femme a perdu son travail, nos enfants ont été traumatisés et on a dû déménager. Sur le muret, j’ai cru qu’ils allaient me pousser dans le vide et que c’était fini.  »