Annecy : face à la montée de l’extrême droite, Frédérique Lardet appelle à «réduire la fracture»

Pour Frédérique Lardet, élue LREM, «il faut que le président sache écouter les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen»
Pour Frédérique Lardet, élue LREM, «il faut que le président sache écouter les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen»

Pour ce second tour à Annecy, 72,95 % sont allés voter ce dimanche 24 avril. Emmanuel Macron a été largement plébiscité par les Annéciens avec 70,34 % des voix, contre 29,66 % pour Marine Le Pen. Un score en net recul par rapport à 2017 où le chef du parti La République en Marche (LREM) avait rassemblé 76,52 % des voix. La leader du Rassemblement National (RN) enregistrait quant à elle 23,48 % des suffrages.

Ailleurs sur le territoire, les disparités sont de plus en plus marquées entre la ville et la campagne. « On voit bien qu’il y a une fracture entre les milieux urbains et ruraux, où à l’inverse Marine Le Pen, soit jouxte le président, soit le dépasse », réagit Frédérique Lardet, adjointe LREM à la mairie d’Annecy. À Rumilly, Marine Le Pen a enregistré 46,27 % des voix, contre 39,84 % en 2017. Emmanuel Macron lui a enregistré 53,73 % des suffrages exprimés, soit 6,43 % de moins qu’en 2017. Même constat à La Balme-de-Sillingy où le chef du parti La République en Marche a rassemblé 55,65 % des électeurs (62,11 % en 2017) et la leader du Rassemblement National, 44,35 % (37,89 % en 2017).

Se préoccuper davantage des territoires ruraux

Cette progression de l’extrême droite est un aveu d’échec pour l’élue. « Notre objectif avec le président était de faire baisser Marine Le Pen. En cela, on n’a pas forcément gagné ce pari, déplore-t-elle. Avec ce nouveau quinquennat, il faut qu’Emmanuel Macron monte un gouvernement qui soit en mesure de prendre en considération les besoins des territoires et ceux les plus ruraux, là où est né le mouvement des gilets jaunes ». Elle pointe notamment la problématique de l’immobilier sur le bassin annécien, qui a pour conséquence d’éloigner de plus en plus les populations de leur lieu de travail. « Tout ça génère de la frustration, des problématiques de qualité de vie et de pouvoir d’achat. Il faut qu’on trouve, là maintenant, des solutions pragmatiques », affirme-t-elle.

Plus globalement, pour Frédérique Lardet, ces résultats sont indicateurs et doivent être pris au sérieux pour le «  troisième tour », - les élections législatives qui se dérouleront les 12 et 19 juin prochains. « 68 % des Français ont signalé qu’ils n’allaient pas voter pour la majorité présidentielle. Il faut que le président sache écouter les électeurs de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon », analyse-t-elle.

De son côté, François Astorg, le maire d’Annecy « en appelle solennellement à Emmanuel Macron. Qu’il accompagne les territoires face à l’urgence climatique et aux besoins de justice sociale », écrit-il sur Twitter.