Bonneville : «Pourquoi la Police m’a contrôlé ? Je n’ai pas demandé à être noir»

Le prévenu affirme avoir été victime de délit de faciès.
Le prévenu affirme avoir été victime de délit de faciès.

Lundi 11 avril, un ressortissant Camerounais était jugé devant le tribunal de Bonneville pour usage d’une contrefaçon et usage illicite de stupéfiants. Il a été condamné à payer une amende de 200 euros.

Ce jeune homme de 21 ans comparaissait en visioconférence depuis la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône. « Je ne savais pas que c’était une contrefaçon, ce sac on me l’a offert pour mon anniversaire. J’attendais le train, il y avait du monde et quelques minutes avant l’arrivée du train, je me suis fait contrôler par la Police. Oui j’avais un peu de tamien (0,4 g de Haschich NDLR), oui je suis consommateur. Mais beaucoup de gens fument et beaucoup de gens ont des faux sacs de marque. Pourquoi la Police m’a contrôlé moi ? Peut-être que c’est ma couleur de peau. Je n’ai pas demandé à être noir ». La présidente de séance répond. « Je ne sais pas si on vous a contrôlé parce que vous êtes noir, mais la contrefaçon et la détention de stupéfiants, ça reste des infractions ».

9 condamnations dans son casier judiciaire

Elle fait ensuite état de son casier judiciaire, qui contient 9 condamnations dont certaines en état de récidive légale : remise d’objet à un détenu ; usage et détention de stupéfiants ; port d’arme ; rébellion et outrage. « Pourquoi avoir commis tant d’infractions en si peu de temps ? », demande la juge. « La première fois que je suis sorti de prison, j’y avais passé deux mois, j’ai ressenti le besoin de faire de l’argent, pour rattraper le temps perdu. Ça fait 16 mois là que je suis en prison, c’est pas facile ici, je suis à deux doigts de m’ôter la vie. Cette justice ne nous juge pas pareil quand on n’a pas la peau blanche. J’ai fait des erreurs, je ne suis pas parfait », répond le prévenu. Malgré la réquisition du procureur d’une peine de 3 mois d’emprisonnement, les juges l’ont seulement condamné à 200 euros d’amende pour usage illicite de stupéfiants. Il a été relaxé pour l’accusation d’usage d’une contrefaçon.

Louis Vuitton demande près de 4000 euros de réparation

Dans cette affaire, le plus étonnant venait de la demande de la société Louis Vuitton, constituée partie civile. Cette dernière a demandé 3000 euros de réparation pour le préjudice moral porté à la marque, 500 euros pour les frais de justice, et 336 euros pour le préjudice économique. Le prévenu ayant été relaxé pour les faits d’usage d’une contrefaçon, la requête de la société Louis Vuitton a donc été rejetée.