Sciez : le premier pygargue est né aux Aigles du Léman

Le jeune pygargue dans son nid avec ses deux parents, au parc des Aigles du Léman.
Le jeune pygargue dans son nid avec ses deux parents, au parc des Aigles du Léman.

C’est aux environs de 17 heures que l’œuf a éclos, samedi 2 avril, au cœur du parc des Aigles du Léman, à Sciez. Après 35 jours de couvaison, Roy et Kabaa, un couple de pygargues tous deux âgés de 14 ans, ont vu apparaître le bec de leur aiglon.

Cette naissance en captivité marque un tournant majeur dans le programme de réintroduction du plus grand aigle d’Europe lancé par le parc des Aigles du Léman et l’Alpine Eagle Fondation. Ces derniers ont obtenu l’autorisation de relâcher 85 pygargues durant les 8 prochaines années sur le Léman et le bassin du Haut-Rhône.

Le jeune aigle est ainsi le premier spécimen de ce programme inédit et novateur qui consiste à faire naître les oiseaux sur leur lieu de réintroduction. « Voir le premier bébé pygargue qui va repartir dans la nature est un moment indescriptible pour toute l’équipe qui travaille avec moi sur ce projet depuis tant d’années, c’est le début d’une belle aventure qui s’intègre dans la restauration de la biodiversité de notre région », souligne Jacques-Olivier Travers, de directeur du parc, à l’initiative de ce programme. Si tout se passe correctement, le jeune pygargue devrait prendre son envol dès la fin du mois de juin prochain.

La vie du jeune aigle peut, elle être suivie par n’importe qui depuis son ordinateur en parrainant un couple du parc pour la somme de 50 euros par an. Il sera ainsi possible d’accéder aux caméras du nid, et aux coordonnés GPS de l’oiseau sur le site internet des Aigles du Léman.

Rappelons que si cette réintroduction est soutenue par une grande majorité de parcs européens, de naturalistes et d’élus locaux, elle a aussi ses détracteurs. La Ligue de protection des oiseaux de Haute-Savoie et le directeur adjoint du Muséum d’histoire naturelle de Genève estiment ainsi que, contrairement aux affirmations de Jacques-Olivier Travers, les faits que le pygargue ait un jour vécu sur les bords du Léman et que le dernier couple ait été tué à Thonon, dans la forêt de Ripaille, en 1892, ne sont pas avérés. « Il est impossible d’imaginer que cet aigle, inféodé à l’eau, n’ait jamais été présent sur le Léman, le plus grand lac d’Europe. Des pygargues qui viennent sur le Léman, il y en a depuis 100 ans. Ils ne nichent plus mais ils viennent », avait notamment objecté le directeur du parc.

Des balises GPS pour suivre les aiglons

Suite à cette naissance, Nicolas Rubin, maire de Châtel et le 1er vice-président du Conseil départemental de la Haute-Savoie, a échangé avec Jacques-Oliver Travers, directeur du parc des Aigles du Léman, avec pour objectif la mise en place d’un partenariat autour de ce projet de réintroduction. L’implantation de 5 panneaux pédagogiques sur le domaine du Guidou a été évoquée, ainsi que l’acquisition de 4 balises GPS afin de suivre les déplacements des jeunes oiseaux réintroduits. Il a également été question du financement d’un abonnement internet pour les classes de 6e permettant de suivre le projet.