Qu’est-ce qui peut expliquer la hausse du prix des carburants au-delà de 2 euros ?

Une flambée historique des prix des carburants.
Une flambée historique des prix des carburants. - Photo Pixabay

Du jamais vu, le prix à la pompe du litre de gasoil dépasse par endroits celui de l’essence. Alors, bien qu’il ait augmenté significativement, qu’il était encore, ces derniers temps, 20 à 30 centimes en dessous. Il a bondi en à peine deux semaines, d’environ 40 centimes.

« La raison en est simple : le gasoil demeure le carburant le plus consommé en France, même s’il a connu un recul ces dernières années. Il pèse ainsi pour près de 77 % de la consommation de carburant. Or, pour schématiser, avec un baril on produit aujourd’hui pour moitié de l’essence et pour moitié du gasoil. La demande en gasoil étant plus forte en France, le prix grimpe d’autant plus vite. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui », explique La Voix du Nord.

L’essence, sans plomb 95 ou 98, même avec E10, frise à quelques centimes près les 2 euros et bien souvent les franchit. Parfois jusqu’à 2,30 euros.

« Dans le détail, le litre de gazole coûtait, en moyenne, 2,141 euros. Le litre de SP95 a également franchi les deux euros, à 2,082 euros, et celui de SP98 a atteint 2,121 euros. Ces deux carburants voient leur prix bondir, en une semaine, de 19 et 16 centimes respectivement. Pour le gazole, la hausse atteint près de 40 centimes en deux semaines », détaille Le Figaro.

C’est le coup de massue en ce début d’année, pour les automobilistes, les camionneurs, particuliers ou professionnels. Un sévère coup de poing qui s’impose au beau milieu d’une hausse généralisée et déjà lourde des prix à la consommation.

« Entre le 28 février et le 6 mars, les prix avaient déjà bondi, subissant de plein fouet la hausse des cours sur les marchés. Le litre de gazole s’était envolé de 14 centimes, passant de 1,7415 euro à 1,8831 euro. De même, le litre de SP95 atteignait 1,8889 euro, et celui de SP98 1,9558 euro. Une augmentation déjà massive, et qui se poursuit donc », toujours selon Le Figaro.

Des explications à cette situation ?

Les raisons classiques : Mais pourquoi en est-on arrivé là ? On sait que les prix des carburants sont habituellement liés à la fluctuation des prix du pétrole, à la demande mondiale, aux marges des distributeurs et en particulier ici en France, aux taxes et au taux de change entre dollar et euro (le pétrole s’échangeant en dollar une valeur actuellement plus forte que l’euro).

La guerre en Ukraine : Ces derniers mois, les tarifs à la pompe avaient déjà atteint des sommets ; avec la reprise économique, la dépense de carburants ayant nettement augmenté. Mais ces deux dernières semaines, l’explosion qui s’affiche à la pompe est beaucoup plus conséquente et douloureuse. On avance toujours l’essor économique, on y ajoute la guerre en Ukraine qui affole totalement la situation économique mondiale, « De l’autre, la production est freinée par des tensions géopolitiques, notamment le conflit Ukraine-Russie ; ainsi que par des sites à l’arrêt (en Algérie, en Angola et en Libye). Mais surtout, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) tire profit de la situation et n’a pas l’intention de jouer les variables d’ajustement. S’ajoute à cela, une hausse des taxes sur les carburants », avance Ouest France.

Et qui profite ? : C’est bien là que le bât blesse et que les commentaires fusent. L’approvisionnement en France n’est pour l’heure pas touché, il ne devrait pas y avoir d’affolement particulier… Pour ceux qui ont connu les précédentes crises pétrolières, les tarifs à la pompe n’avaient jamais atteint de tels sommets.

Alors ? Alors, dans les esprits, des remarques s’expriment rapidement et avec agacement : avec ce qu’il gagne en taxes, l’Etat se remplit les poches… renfloue ses caisses mises à mal par les problèmes et dépenses liées à la pandémie de covid 19 et autres… Sans parler des pays producteurs et exportateurs de pétrole qui voient dans la situation actuelle une manne bienvenue dans une perspective d’avenir morose des énergies fossiles.

Des questions demeurent : et pourquoi dans d’autres pays les taxes sont moins importantes ?, Et pourquoi une telle dépendance énergétique ? Pourquoi toujours aussi peu d’efforts pour la transition énergétique ? Autant de retard pour les énergies renouvelable etc., etc.

Si la situation de hausse est appelée à durer, les mouvements d’humeur pourraient eux aussi se multiplier, voire s’imposer. La semaine dernière, des villes et départements ont déjà connu ralentissements, blocages de stations-service pour manifester contre ce qui commence sérieusement à devenir insupportable dans le portefeuille des Français et notamment pour les entreprises de transport et celles qui nécessitent beaucoup de déplacements.

Une baisse annoncée du baril et une remise à la pompe en France

C’est ce que les spécialistes annoncent à la fin de la semaine, ou plutôt d’ici la fin du mois. Pour Le Figaro : « Après un pic la semaine dernière, les cours ont baissé. Cette baisse sera répercutée par les distributeurs dans environ huit ou dix jours. Au milieu de ces fluctuations, certains attendent mieux. « À la fin du mois, j’espère qu’il sera en dessous des deux euros », dit un homme ».

Pour le gouvernement français avec les élections présidentielles qui approchent, il est temps (juste avant le premier tour), de faire un geste envers la population. Jean Castex, le premier ministre a annoncé une remise de 15 centimes à la pompe à partir du 1er avril. Sera-ce suffisant pour soulager les dépenses des ménages et des professionnels ? Rien n’est moins sûr dans le contexte actuel d’incertitude géopolitique et économique.