Carnaval vénitien d’Annecy : de fil en aiguille, la passion du costume

Du chapeau aux souliers, ils sont des centaines chaque année à revêtir leurs costumes pour déambuler dans les rues de la Venise des Alpes, le deuxième week-end de mardi gras.

Ces passionnés se hâtent à la tâche, plusieurs mois en amont du carnaval, pour confectionner leur habit ou celui d’un proche. « C’est chronophage, je ne compte jamais les heures passées dessus, ça varie trop d’un jour à l’autre, raconte Monique Bon, membre historique de l’association Aria, et l’une des costumières du carnaval. En général, je le commence fin octobre et au début de l’hiver pour avoir le temps. C’est important d’anticiper à mon âge. »

Des centaines de costumés chaque année

En 2019, 450 costumes ont été confectionnés. Ce nombre peut grimper jusqu’à 500 certaines éditions. Et jamais aucun d’entre eux ne se ressemble. C’est d’ailleurs l’un des codes du carnaval : ne pas plagier le costume d’un autre si l’on ne veut pas s’attirer les foudres des habitués. L’autre règle est de ne pas voir « un seul millimètre de peau ni aucune fermeture apparente  », insiste Monique.

Deux type de costume

Il existe deux types de costumes : l’allégorique et l’historique. Pour le premier, le corps doit donc être couvert de la tête au pied et le visage caché derrière un masque. Le second, dont le visage est dissimulé derrière un loup ou grimé à la mode des « poudrés de Venise », renvoie à une période de l’histoire.

Par exemple, pour son costume de Marie-Antoinette, Muriel Cheillon, pionnière du costume historique au carnaval d’Annecy, s’est documentée «  pour être au plus près de la réalité, mais ce n’est pas non plus de la reconstitution historique. Je me rapproche dans l’image, pas dans le patronage », précise-t-elle. En plus du loup, broderies, perles de verre et autres strass agrémentent ce costume, qui peut peser facilement jusqu’à une dizaine de kilos.

Quelques coutumes

La plupart des costumes ont un thème ou un code couleur. Un seul détail peut en inspirer un tout entier. « Une année, j’ai repéré une ceinture dans un magazine et elle m’a donné le mouvement de mon costume, se rappelle Monique, qui a « toujours eu de l’inspiration une fois assise devant [sa] machine à coudre  ». Ce qui lui plaît dans le costume, c’est cette « fausse image » qu’il renvoie. « Une fois, un monsieur m’a pris pour une jeune fille. Ça m’a beaucoup amusé », se souvient-elle avec le sourire.

S’il n’y a pas d’atelier de confection, les costumés gardent une certaine complicité à chaque retrouvaille, derrière leur masque. « Avec mes amis, on s’amuse toujours à tenir secrète la couleur de notre costume pour que tout le monde se cherche, et ça c’est magnifique ! », confie-t-elle.