Chambéry: deux frères se lancent dans la fabrication de vélos sur-mesure

Julien et Nicolas Roissard, enfants du pays, ont voulu faire de leur passion leur activité professionnelle.
Julien et Nicolas Roissard, enfants du pays, ont voulu faire de leur passion leur activité professionnelle.

C’est une passion depuis leur enfance… et ils ont décidé d’en faire leur projet de vie. Les frères Roissard, Julien et Nicolas, 33 et 28 ans, commercialisent depuis peu leurs propres vélos, sous la marque Aloueta, qu’ils fabriquent eux-mêmes dans leur atelier familial de Saint-Sulpice.

Un vrai défi, qui s’est imposé à eux ces dernières années. Tous deux ingénieurs mécaniques, ils ne trouvaient pas forcément de quoi s’épanouir dans leur métier, d’où l’idée de ce nouveau projet ambitieux. « J’ai toujours aimé bricoler, notamment le bois. Je me suis dit que je pouvais allier ma passion du vélo avec celle de la mécanique », raconte Julien. Passionnés de cyclisme depuis l’enfance, fins connaisseurs des chemins et des routes du secteur, anciens compétiteurs, ils maîtrisent le sujet avec précision.

Un vélo conçu de A à Z

S’ils restent prudents, puisque l’un d’eux conserve un emploi à côté, les voilà partis pour de bon, dès 2018, dans cette aventure. Ils font de premiers essais puis se lancent véritablement à l’été 2020. Ils s’achètent des tubes d’acier (« ça filtre bien les vibrations et c’est un produit plus durable qu’un matériau composite comme le carbone », précisent-ils) spécialement conçus pour cette utilisation, réalisent d’abord des engins pour leurs proches, pour se faire la main.

Leur credo, c’est donc le sur-mesure. Chaque deux-roues qu’ils fabriquent est adapté à la personne qui en fait la commande. Grâce à un outil spécial, sorte de vélo réglable, ils prennent d’abord les dimensions exactes du cycliste, ajustent la position la mieux adaptée pour lui ; ils définissent le projet du client dans le détail, selon s’il s’agit d’un vélo de route taillé pour la montagne, un VTT, un vélo de voyage, un vélo plus citadin…

Ils fabriquent ensuite le cadre, en soudant les tubes entre eux, dans leur atelier. Ils prennent soin des détails, avant de solliciter un prestataire qui se charge de la peinture. Puis retour à l’atelier des Roissard, où le vélo est ensuite équipé de ses différents composants, pour atteindre son rendu final.

Aujourd’hui, ils ont déjà réalisé une vingtaine de vélos. Leur objectif est d’en produire « entre 20 et 30 » chaque année, sans se lancer dans des quantités industrielles. En s’appuyant sur l’air du temps, où le vélo a le vent en poupe, au même titre que le « made in France », la fabrication locale.

Pourquoi Aloueta?

Ça ne se remarque pas forcément à première vue, mais Aloueta est une référence directe à cette partie de la Savoie, sur les hauteurs de Chambéry. L’Alouette est en fait le cours d’eau qui passe près de la maison familiale des Roissard à Saint-Sulpice. Nom transformé en « Aloueta », sa déclinaison en patois savoyard, référence aussi à l’oiseau qui peuple nos montagnes.