Bellegarde : Raymonde Gonnet, cent ans de vie entre Essertoux et Vanchy

Raymonde Gonnet (au milieu, avec le bouquet de fleurs) a fêté ses 100 ans, bien entourée, à la salle des fêtes de Grésin.
Raymonde Gonnet (au milieu, avec le bouquet de fleurs) a fêté ses 100 ans, bien entourée, à la salle des fêtes de Grésin.

Le 11 février, les anciens amis de Grésin, habitués à se retrouver à la salle des fêtes du village, chaque vendredi, ont dignement fêté les 100 ans de leur aînée, Raymonde Gonnet.

Fleurs, gâteau et bouteilles de champagne, ceux qui se réunissent d’ordinaire pour jouer à la belote ont vu les choses en grand. Un charmant cocktail de bonnes intentions qui a particulièrement ému l’habitante de Vanchy. « J’ai été EN-CHAN-TÉE ! », s’exclame Raymonde Gonnet. Un grand cadre dans lequel sont disposées plusieurs photos ; signé par celles et ceux qu’elle côtoie dans cette salle, depuis plus de dix ans ; est maintenant accroché au mur de sa maison. « Regardez toutes les fleurs qu’on m’a offertes ! Oh, j’étais si émue… » Il faut dire que du haut de ses 100 ans, Madame Gonnet dispose encore d’une forme incroyable.

En pleine forme !

A tel point que beaucoup lui répètent, « vous ne faites vraiment pas votre âge », remarque à laquelle elle s’est bien habituée. « J’entends ça du 1er janvier au 31 décembre ! », s’amuse celle qui est née et a vécu dans le petit village d’Essertoux, (à l’époque commune d’Eloise), englouti en 1948, suite à la mise en service du barrage de Génissiat.

Le secret de sa longévité ? Peut-être la marche. Chaque jour, lorsque la météo n’est pas pluvieuse, Madame Gonnet sort de chez elle et s’offre une petite randonnée de 3 kilomètres, en partant du centre-bourg de Vanchy, passant le long du stade de foot, presque jusqu’à la jonction avec la route départementale. « Ça entretient les muscles, les articulations, tout quoi ! Et même lorsqu’il y a de la neige, j’y vais. » Une vie paisible, loin de celle qu’elle a connue, à la fin de son adolescence, lorsque la guerre et l’Occupation ont envahi son quotidien.

« J’avais 17 ans quand ça a commencé, donc on ne peut pas dire que ma jeunesse a été belle. Il fallait se cacher. » Même si Essertoux a été immergé sous le Rhône depuis belle lurette, son esprit perdure toujours. Dans la maison de Raymonde Gonnet, les photos du village sont partout. Tout au long de sa vie, elle est d’ailleurs restée en lien avec les ex-Essertousiens, qui se réunissaient de temps en temps autour d’un bon repas !

Une famille qui gravite autour du patrimoine industriel bellegardien

Le père de Raymonde Gonnet travaillait aux carbures, son frère à la société anonyme des arts graphiques (SADAG), deux entités basées à Arlod. Une société qui sera, d’ailleurs, plus tard, dirigée par son fils, Jean Gonnet. Raymonde a commencé, pour sa part, à travailler à l’âge de 15 ans, pour le compte de la société anonyme Radios, qui s’installa avant l’entreprise Ronson, dans les locaux situés juste après le pont de Savoie, côté Eloise.

« On y fabriquait des phares de vélos. »