Tempête autour d’un essaim d’abeilles à Excenevex

Excenevex

C’est un conflit de voisinage qui a pris des proportions inédites. Depuis plus d’une semaine, la plate-forme Internet «change.org« héberge une pétition exigeant la suppression d’un arrêté municipal rédigé en mai dernier par le maire d’Excenevex, Pierre Fillon.

L’auteur de ce texte, qui a récolté plusieurs milliers de signatures n’est autre qu’un habitant de la commune, Stéphane Sommeiller. Cet apiculteur amateur, quadragénaire aux lunettes rondes et à la barbe bien taillée, s’est vu ordonner de déplacer en dehors de sa propriété les douze ruches qui étaient établies dans son jardin.

En cause, une plainte d’un de ses voisins, dont la maison, récemment construite selon l’Excenevien, est située à proximité immédiate des butineuses. Tout s’est accéléré au début du printemps lorsque l’essaim d’abeilles s’est mis à survoler le terrain jouxtant la propriété de Stéphane Sommeiller qui explique que cet incident «  a été à causé par des conditions météos exceptionnelles ».

C’est parce qu’il estimait la situation potentiellement dangereuse que Pierre Fillon a enclenché l’arrêté municipal (lire page ci-contre).

En réponse à ce qu’il juge être une décision trop radicale, Stéphane Sommeiller a fait de son histoire une cause nationale, en obtenant le précieux appui de milliers de pétitionnaires : « Dans la région de Haute-Savoie, les citadins en quête de vie paisible en milieu rural font enlever les cloches aux vaches, stopper les carillons des églises, empêcher les tracteurs de rouler sur les routes… Par cette pétition, je souhaite faire abroger cet arrêté municipal et pouvoir réintégrer des abeilles au sein du verger », écrit-il dans son texte.

70 % de la récolte perdus

Rencontré chez lui, l’Excenevien montre avec nostalgie ce qui est devenu l’ancien emplacement de ses ruches : « Cela fait 20 ans qu’elles étaient là. Avant c’était mon grand-père qui s’en occupait et elles n’ont jamais posé problème. Comme on ne peut pas les déplacer loin d’un seul coup, je me suis retrouvé à perdre 70 % de ma récolte », soupire-t-il.

S’il a pu obtenir de l’espace pour installer des ruches à Sciez et Yvoire, Stéphane Sommeiller souhaite, par souci de logistique, faire revenir ses abeilles, cette fois-ci en contrebas de sa propriété, loin de la maison de son voisin : « Même trois ruches, cela me conviendrait. Je veux juste qu’on trouve une solution. Quand il y a un problème sur le lac, on met le drapeau rouge puis une fois que c’est résolu on repasse au vert. J’ai l’impression que dans mon cas, c’est drapeau rouge à vie… »

Il ouvre ainsi grand sa porte au maire afin qu’un terrain d’entente puisse être trouvé.

Benoît Sourd